Arrêt n°1016 du 11 juillet 2019 (18-19.160) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2019:C201016

Sécurité sociale, accident du travail

Cassation partielle

Demandeur (s) : Mme X..., veuve Y..., ayant droit d’Z... Y...,
Défendeur (s) : Caisse primaire d’assurance maladie des Hauts-de-Seine ; et autre


Attendu, selon l’arrêt attaqué qu’Z... Y... (la victime), salarié de la société Souriau (l’employeur), est décédé le [...] des suites d’un malaise cardiaque ayant eu lieu sur son lieu de travail, le jour même ; que l’employeur a souscrit une déclaration d’accident du travail ; que la caisse primaire d’assurance maladie des Hauts-de-Seine (la caisse) ayant refusé de prendre en charge le décès de la victime au titre de la législation professionnelle, ses ayants droit ont saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

Sur le premier moyen :

Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur le premier moyen annexé qui n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

Mais sur le second moyen :

Vu l’article L. 411-1 du code de la sécurité sociale ;

Attendu que pour approuver la décision de la caisse de ne pas prendre en charge au titre de la législation professionnelle l’affection et le décès de la victime, l’arrêt retient que l’enquête administrative de la caisse n’avait identifié aucune cause de stress professionnel important ; qu’au contraire, l’ambiance est qualifiée de très bonne, la victime étant décrite comme un homme très engagé professionnellement, très équilibré, chaleureux et souriant, à l’opposé d’une personne stressée ; que la réunion à laquelle la victime devait participer, qui avait à peine commencé, ne présentait aucune difficulté particulière, d’autant moins que les résultats devant y être présentés étaient bons et que rien ne permettait d’envisager que la victime puisse être mise, d’une façon ou d’une autre, en difficulté ; que les relations de la victime avec son nouveau supérieur, arrivé au mois d’août, étaient très constructives et le dialogue très ouvert, le management de ce dernier étant plus en adéquation avec la philosophie de la victime ;

Qu’en statuant ainsi, alors que l’accident survenu au temps et au lieu du travail est présumé être un accident du travail, sauf à établir que la lésion a une cause totalement étrangère au travail, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu’il a dit Mme X... recevable en son recours, l’arrêt rendu le 12 avril 2018, entre les parties, par la cour d’appel de Versailles ; remet, en conséquence, sauf sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles, autrement composée ;


Président : M. Prétot, conseiller doyen faisant fonction de président
Rapporteur : Mme Brinet, conseiller référendaire
Avocat général : M. Aparisi, avocat général référendaire
Avocat (s) : SCP Lyon-Caen et Thiriez - SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer - SCP Gatineau et Fattaccini