03-44.585 
Arrêt n° 2309 du 26 octobre 2005
Cour de cassation - Chambre sociale

Représentation des salariés

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : Mme Chantal X...
Défendeur(s) à la cassation : Association médicale du travail du Jura


Sur le premier moyen :

Vu les articles L. 122-4, L 122-14-7 du Code du travail, et l’article R. 241-31 du même Code, dans sa rédaction applicable au litige ;

Attendu que les dispositions légales qui assurent une protection exceptionnelle et exorbitante du droit commun à certains salariés, en raison du mandat ou des fonctions qu’ils exercent dans l’intérêt de l’ensemble des travailleurs, s’appliquent à la rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur pendant la période d’essai ; qu’il en est ainsi de l’article R. 241-31 du Code du travail relatif au médecin du Travail ;

Attendu qu’après avoir engagé Mme X... le 28 octobre 1999 en qualité de médecin du Travail, l’Association médicale du travail du Jura a mis fin le 24 janvier 2000 à la période d’essai d’une durée de trois mois prévue au contrat ;

Attendu que pour rejeter la demande de dommages-intérêts formée par la salariée, la cour d’appel retient que, selon l’article L. 122-4, alinéa 2, du Code du travail, les règles qui régissent la rupture unilatérale ne sont pas applicables pendant la période d’essai ; qu’il en résulte que chacune des parties est, en principe, libre de rompre le contrat de travail sans donner de motif ; que la rupture n’est pas soumise aux dispositions de l’article R. 241-31 du Code du travail et que la salariée ne peut faire grief à l’employeur de l’absence de consultation des institutions représentatives et autorités visées par ce texte ;

Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 6 mai 2003, entre les parties, par la cour d’appel de Besançon ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Dijon ;

 


Président : M. Sargos 
Rapporteur : Mme Farthouat-Danon
Avocat général : M. Duplat
Avocat(s) : la SCP Masse-Dessen et Thouvenin, la SCP Delaporte, Briard et Trichet