02-44.927 
Arrêt n° 619 du 9 mars 2005
Cour de cassation - Chambre sociale

Contrat de travail, durée déterminée

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : société GSF Pluton
Défendeur(s) à la cassation : Mme Guislaine X...


Sur le moyen unique :

Vu l’article L. 122-1-2, III, du Code du travail ;

Attendu que Mme X... a été engagée par la société GSF Pluton selon trois contrats de travail à durée déterminée, dont le dernier en date du 6 août 1999 a été conclu en raison du remplacement d’une salariée absente pour congé de maternité ; que cette absence a été prolongée par un congé parental de la même salariée ; qu’estimant être liée à la société GSF Pluton par un contrat de travail à durée indéterminée, la salariée a saisi la juridiction prud’homale d’une demande de requalification des contrats de travail à durée déterminée en un contrat de travail à durée indéterminée, et de demandes en paiement d’indemnités de rupture ;

Attendu que pour requalifier le dernier contrat de travail à durée déterminée en un contrat de travail à durée indéterminée, la cour d’appel a retenu que la prolongation de l’absence de la salariée par un congé parental n’avait pas eu pour effet de reporter le terme du contrat à l’issue du congé, et qu’ainsi le contrat de travail qui s’était poursuivi après l’expiration du congé de maternité était devenu à durée indéterminée ;

Attendu, cependant, qu’aux termes de l’article L. 122-1-2, III, du Code du travail, "lorsque le contrat est conclu pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu,...il peut ne pas comporter de terme précis ; il doit alors être conclu pour une durée minimale et il a pour terme la fin de l’absence du salarié remplacé ou la réalisation de l’objet pour lequel il a été conclu" ;

Qu’en statuant comme elle l’a fait, alors qu’il résultait de ses propres constatations que le contrat de travail, conclu pour remplacer une salariée absente pour congé de maternité, s’était poursuivi pendant le congé parental sollicité par cette dernière, ce dont il résultait qu’il avait pour terme la fin de l’absence de cette salariée, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 30 mai 2002, entre les parties, par la cour d’appel d’Amiens ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Douai ;


Président : M. Sargos 
Rapporteur : Mme Martinel, conseiller référendaire
Avocat général : M. Maynial