01-10.027
Arrêt n° 1283 du 30 avril 2003
Cour de cassation - Chambre sociale

Statut collectif du travail

Rejet


Demandeur(s) à la cassation : Fédération des employés et cadres CGT-Force ouvrière et autres
Défendeur(s) à la cassation : Société Axa France assurances SA et autres


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 31 janvier 2001), qu’à la suite de l’absorption de la société UAP par la société Axa France assurances, plusieurs entreprises du groupe ainsi constitué ont conclu, le 28 avril 1998, en exécution d’un accord de méthode du 10 octobre 1997, avec des organisations syndicales représentatives, un accord instituant une représentation syndicale de groupe à laquelle il donnait compétence pour négocier sur des thèmes communs à ces entreprises ; qu’une contestation s’est élevée sur la participation aux négociations de la Fédération des employés et cadres CGT-FO, organisation syndicale non signataire de l’accord dont la délégation n’était pas constituée conformément aux dispositions de l’accord ;

Sur les cinq moyens réunis :

Attendu que, par des moyens tirés d’une violation des articles 1134 du Code civil, L. 132-2, dernier alinéa, L. 135-1, L. 132-22, L. 132-23, L. 132-27, L. 412-1, L. 412-2, L. 412-11, L. 412-17, L. 412-21 du Code du travail, il est reproché à l’arrêt d’avoir débouté la Fédération des employés et cadres CGT-FO et M. X... de leur demande d’annulation de l’accord collectif du 28 avril 1998 conclu avec 27 sociétés du groupe AXA-UAP, dit que cet accord était opposable à la Fédération des employés et cadres CGT-FO, et en conséquence, dit que, dans l’hypothèse où la CGT-FO, la Fédération ou M. X..., délégué syndical CGT-FO, entendraient participer aux travaux de la Représentation syndicale de groupe, ils devraient se conformer aux dispositions de l’accord du 28 avril 1998, notamment en ce qui concerne la désignation du coordinateur syndical national et l’établissement de la liste des membres de la délégation syndicale, et qu’à défaut de respecter ces procédures, il leur est fait interdiction de se prévaloir des attributions et des moyens relatifs à l’accord, et à M. X... notamment, de se prévaloir du titre de coordinateur syndical national ;

Mais attendu que des employeurs et des syndicats représentatifs peuvent instituer, par voie d’accord collectif, en vue de négocier des accords portant sur des sujets d’intérêt commun aux personnels des entreprises concernées du groupe, une représentation syndicale de groupe composée de délégués choisis par les organisations syndicales selon des modalités préétablies, dès lors que les négociations pour lesquelles il lui donne compétence ne se substituent pas à la négociation d’entreprise ; qu’un tel accord, qui ne requiert pas l’unanimité des organisations syndicales représentatives, est opposable aux organisations non signataires en sorte que, si elles entendent participer aux négociations de groupe qu’il prévoit, elles sont tenues de désigner leurs représentants conformément à ses dispositions ;

Et attendu que la cour d’appel a retenu que l’accord de groupe du 28 avril 1998 instituait une représentation syndicale de groupe composée de délégations des organisations syndicales représentatives dont les membres étaient désignés par elles selon les règles fixées par l’accord et lui conférait le pouvoir de négocier, sur des thèmes intéressant les salariés d’entreprises de différents secteurs d’activité du groupe, des accords ne faisant pas obstacle à la conclusion d’accords d’entreprise ; que, répondant ainsi aux conclusions dont elle était saisie et abstraction faite du motif surabondant argué de dénaturation, elle a légalement justifié sa décision ; que les moyens ne sont pas fondés ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Sargos
Rapporteur : M. Chauviré, conseiller
Avocat général : M. Legoux
Avocat(s) : la SCP Parmentier et Didier, la SCP Gatineau