01-47.128
Arrêt n° 6 du 13 janvier 2004
Cour de cassation - Chambre sociale

Contrat de travail, exécution

Rejet


Demandeur(s) à la cassation : M. Robert X...
Défendeur(s) à la cassation : Société La Dépêche du Midi SA


Sur le moyen unique :

Attendu que M. X... a été employé par la société la Dépêche du Midi du 20 janvier 1963 au 30 juin 1997 en qualité de "vendeur administratif salarié portage" ; que jusqu’au 1er janvier 1997, il a travaillé tous les jours de la semaine sans bénéficier de repos hebdomadaire, ni de repos compensateur de remplacement ou à défaut de la majoration prévue par les dispositions conventionnelles applicables pour les jours de repos hebdomadaires travaillés ; qu’il a saisi la juridiction prud’homale d’une demande tendant, notamment, à l’attribution d’une indemnité équivalente sur une période de trente ans à la rémunération qu’il aurait dû percevoir pour tous les jours de repos hebdomadaires non pris ; que l’arrêt attaqué (Toulouse, 11 octobre 2002), a limité le rappel de salaire afférent à ces jours de congés non pris à une période de cinq ans en application de l’article L. 143-14 du Code du travail ;

Attendu qu’il est fait grief à la cour d’appel d’avoir ainsi statué, alors, selon le moyen, que la demande présentée devant le conseil de prud’hommes en réparation du préjudice subi du fait du défaut d’information de l’employeur sur les droits à repos compensateur que celui-ci avait pourtant l’obligation de fournir au salarié en application des articles L. 212-5 et D. 212.22 du Code du travail, avait un caractère indemnitaire et était soumise à la prescription trentenaire  ;

Mais attendu que la prescription quinquennale instituée par l’article L. 143-14 du Code du travail s’applique à toute action engagée à raison de sommes afférentes aux salaires dus au titre du contrat de travail ; que tel est le cas d’une demande tendant au versement de sommes qui auraient dues être payées en raison de l’absence de prise du repos hebdomadaire ; que le moyen ne peut dès lors être accueilli ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Sargos 
Rapporteur : Mme Morin, conseiller
Avocat général : M. Lyon-Caen
Avocat(s) : la SCP Ancel et Couturier-Heller