02-40.498
Arrêt n° 938 du 6 avril 2004
Cour de cassation - Chambre sociale

Représentation des salariés

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : M. Jean X...
Défendeur(s) à la cassation : Société BDI constructions SA


Sur le moyen unique pris en ses deux branches :

Vu les articles L. 412-17, L. 424-3, L. 481-2 et L. 482-1 du Code du travail, l’article 6 de la délibération n° 94-113 du 20 décembre 1994 de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, ensemble les articles 6, 17 et 21 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ;

Attendu qu’il résulte de la combinaison des textes susvisés que pour l’accomplissement de leur mission légale et la préservation de la confidentialité qui s’y attache les salariés investis d’un mandat électif ou syndical dans l’entreprise doivent pouvoir y disposer d’un matériel ou procédé excluant l’interception de leurs communications téléphoniques et l’identification de leurs correspondants ;

Qu’encourt dès lors la cassation l’arrêt attaqué qui a décidé que la société BDI constructions n’était pas tenue de mettre à la disposition de l’un de ses salariés, M. X..., délégué syndical et délégué du personnel dont le poste téléphonique était desservi par l’autocommutateur de l’entreprise, un tel matériel ou procédé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 22 novembre 2001, entre les parties, par la cour d’appel de Nîmes ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Lyon ;


Président : M. Sargos 
Rapporteur : M. Bouret, conseiller
Avocat général : M. Collomp
Avocat(s) : la SP Masse-Dessen et Thouvenin, Me Ricard