02-42.461
Arrêt n° 1770 du 29 septembre 2004
Cour de cassation - Chambre sociale

Travail réglementation

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : Société des Bonnes Tables (SDBT) SARL
Défendeur(s) à la cassation : Mme Karine X...


Sur le moyen unique :

Vu les articles L. 122-25-2, alinéa 1er, L. 122-26 et R. 241-51 du Code du travail ;

Attendu que, selon le premier de ces textes, aucun employeur ne peut résilier le contrat de travail d’une salariée en état de grossesse médicalement constaté et pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit en application de l’article L. 122-26, qu’elle use ou non de ce droit, ainsi que pendant les quatre semaines qui suivent l’expiration de ces périodes ;

Attendu que Mme X... a bénéficié d’un congé maternité qui est venu à expiration le 10 janvier 2001 ; qu’elle a été licenciée le 15 février 2001, puis a conclu une transaction avec l’employeur ;

Attendu que pour décider que le licenciement était nul en application de l’article L. 122-25-2 du Code du travail, la cour d’appel relève que la salariée n’avait pas subi la visite de reprise prévue à l’article R. 241-51, alinéa 1 à 3 du Code du travail, et que le contrat de travail était donc toujours suspendu lors du licenciement ;

Attendu, cependant, que la visite médicale prévue à l’article R. 241-51 du Code du travail, après un congé de maternité a pour seul objet d’apprécier l’aptitude de l’intéressée à reprendre son ancien emploi, la nécessité d’une adaptation des conditions de travail ou d’une réadaptation de la salariée ou éventuellement de l’une et de l’autre de ces mesures, et n’a pas pour effet de différer jusqu’à cette date, la période de protection instituée par l’article L. 122-25-2 du même Code ;

D’où il suit qu’en statuant comme elle l’a fait, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 7 février 2002, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;


Président : M. Sargos 
Rapporteur : Mme Auroy, conseiller référendaire
Avocat général : M. Duplat
Avocat(s) : Me Choucroy