03-48.094 à 03-48.112, 03-48.138 à 03-48.152, 03-48.159 à 03-48.203, 03-48.205, 03-48.206 
Arrêt n° 1505 du 15 juin 2005
Cour de cassation - Chambre sociale

Contrat de travail, rupture

Rejet


Demandeur(s) à la cassation : M. Philippe X... et autres
Défendeur(s) à la cassation : société Wolber prise en la personne de son liquidateur amiable M. Denis Y...


Vu leur connexité, joint les pourvois n° 03-48.094 à 03-48.112, 03-48.116 à 03-48.136, 03-48.138 à 03-48.152, 03-48.159 à 03-48.203, 03-48.205 et 03-48.206 ;

Attendu que la société Wolber, qui exploitait à Soissons une usine de fabrication de pneumatiques, a décidé en 1999 de cesser son activité et de fermer son usine, en raison de difficultés économiques et à la suite de la résiliation d’un contrat de sous-traitance conclu avec la société Manufacture française de pneumatiques Michelin (MFPM) ; qu’elle a présenté au comité d’entreprise un plan social, puis notifié aux salariés leurs licenciements pour motif économique ;

Sur les quatre premiers moyens réunis :

Attendu que les salariés font grief aux arrêts attaqués (Amiens, 7 octobre 2003) d’avoir annulé le plan social, pour des motifs qui sont pris d’une dénaturation de leurs conclusions, d’une violation des articles 5 du nouveau Code de procédure civile et L. 321-4-1 du Code du travail et d’un défaut de base légale au regard de ce texte ;

Mais attendu que la cour d’appel, qui, sans dénaturer les écritures des parties et sans modifier les termes du litige, a constaté que le plan social établi par la société Wolber était insuffisant, en a exactement déduit qu’il était atteint de nullité, en ce qu’il ne répondait pas aux exigences des articles L. 321-4 et L. 321-4-1 du Code du travail, et que cette nullité entraînait celle de la procédure de licenciement collectif et des licenciements économiques prononcés par l’employeur ;

Que les moyens ne sont pas fondés ;

Sur les cinquième et sixième moyens réunis :

Attendu qu’il est encore fait grief aux arrêts d’avoir rejeté les demandes des salariés tendant à obtenir leur réintégration dans les emplois qu’ils occupaient avant leurs licenciements, pour des motifs qui sont pris d’une violation de l’article 5 du nouveau Code de procédure civile et d’un défaut de base légale ;

Mais attendu, d’abord, que, dans la procédure sans représentation obligatoire, les moyens retenus par les juges sont présumés, sauf preuve contraire, non rapportée en l’espèce, avoir été contradictoirement débattus ;

Attendu, ensuite, que la cour d’appel a constaté que la société Wolber avait cessé définitivement son activité et que ses actifs industriels avaient été vendus ; qu’ayant ainsi fait ressortir que l’entreprise avait disparu, elle a pu en déduire que la réintégration, demandée dans les seuls emplois que les salariés occupaient dans cette entreprise avant leurs licenciements, était devenue matériellement impossible ;

Que les moyens ne sont pas fondés ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les deux derniers moyens, qui ne seraient pas de nature à permettre l’admission des pourvois :

REJETTE les pourvois ;


Président : M. Sargos
Rapporteur : M. Bailly, conseiller
Avocat général : M. Collomp
Avocat(s) : la SCP Masse-Dessen et Thouvenin, la SP Célice, Blancpain et Soltner