03-83.756
Arrêt n° 1648 du 4 mars 2004
Cour de cassation - Chambre criminelle

Instruction

Rejet


Demandeur(s) à la cassation : Procureur général près la cour d’appel de Paris


Statuant sur le pourvoi formé par :

 - Le procureur général près la cour d’appel de Paris,

contre l’arrêt de la chambre de l’instruction de ladite cour d’appel, en date du 13 juin 2003, qui, dans l’information suivie contre Jean-Louis X..., Gabriel Y..., Patrick Z..., Anne-Marie A..., épouse B..., des chefs d’abus de biens sociaux, escroquerie, complicité d’escroquerie et recel, a déclaré irrecevable l’appel relevé par le procureur de la République de l’ordonnance de non-lieu rendue par le juge d’instruction ;

Vu le mémoire produit ;

Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 183, alinéa 5, 185, alinéa 2, et 593 du Code de procédure pénale ;

Attendu qu’il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de la procédure que, dans une information suivie notamment contre Jean-Louis X... des chefs précités, le juge d’instruction a rendu, le 27 novembre 2002, une ordonnance de non-lieu conforme aux réquisitions dont il était saisi ; que, le 9 décembre 2002, le procureur de la République a relevé appel de cette décision ;

Attendu que, devant la chambre de l’instruction, le procureur général a soutenu que cet appel était recevable comme ayant été formé à la date à laquelle l’ordonnance avait été notifiée au procureur de la République, à la demande de celui-ci ;

Attendu que, pour écarter cette argumentation et dire l’appel irrecevable, l’arrêt retient que, si l’article 185, alinéa 2, du Code de procédure pénale dispose que le délai d’appel de cinq jours du ministère public ne court qu’à compter de la notification qui lui est faite de la décision, le juge d’instruction, selon l’article 183, alinéa 5, du même Code, n’est tenu de donner avis au procureur de la République que des seules ordonnances non conformes aux réquisitions qu’il a reçues ; que les juges ajoutent que le délai d’appel a commencé à courir du jour où la décision a été rendue ;

Attendu qu’en l’état de ces énonciations, la chambre de l’instruction a justifié sa décision ;

Et attendu que l’arrêt est régulier en la forme ;

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Cotte
Rapporteur : Mme Anzani, conseiller
Avocat général : M. Mouton