Arrêt n° 5898 du 11 décembre 2013 (13-84.319) - Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCASS:2013:CR05898

Chambre de l’instruction

Annulation


Demandeur(s) : La société Titom


Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 6 et 13 de la Convention européenne des droits de l’homme, article D. 591 du code de procédure pénale ; Vu les articles 186-1 et D. 591 du code de procédure pénale ;

Attendu que si, selon l’article 186-1 du code de procédure pénale, l’ordonnance de non-admission d’appel du président de la chambre de l’instruction prévue par ce texte n’est pas susceptible de recours, il en est autrement lorsque son examen fait apparaître un excès de pouvoir ;

Attendu qu’il résulte des pièces de la procédure que l’avocat de la société Titom, inscrit au barreau de Paris, a adressé, le 1er mars 2013, à partir de son adresse électronique sécurisée, une demande d’actes, fondée sur l’article 82-1 du code de procédure pénale, à l’adresse structurelle de la juridiction d’instruction de Paris ;

Attendu que, pour dire n’y avoir lieu de saisir la chambre de l’instruction de l’appel de l’ordonnance du juge d’instruction ayant rejeté cette demande, le président de la chambre de l’instruction retient que celle-ci est irrecevable, la transmission de telles demandes par la voie électronique n’étant pas prévue par le code de procédure pénale ;

Mais attendu qu’en se déterminant ainsi, alors que, depuis le 7 janvier 2013, l’avenant du 25 juin 2012 à la convention conclue entre le tribunal de grande instance et l’ordre des avocats de Paris le 28 janvier 2009, pris en application de l’article D.591 du code de procédure pénale, permet aux avocats de ce barreau de transmettre, à partir de leur adresse électronique sécurisée, par un moyen de télécommunication, à l’adresse électronique de ce tribunal les demandes d’actes prévues par l’article 82-1 de ce code, selon les modalités prévues à ladite convention, le président de la chambre de l’instruction a excédé ses pouvoirs ;

Par ces motifs :

ANNULE, en toutes ses dispositions, l’ordonnance susvisée du président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, en date du 17 mai 2013, et pour qu’il soit à nouveau statué, conformément à la loi ;

RENVOIE la cause et les parties devant un autre président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris ;

ORDONNE l’impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris et sa mention en marge ou à la suite de l’ordonnance annulée


Président : M. Louvel

Rapporteur : Mme Labrousse, conseiller référendaire

Avocat général : M. Bonnet