Arrêt n°2810 du 8 janvier 2020 (19-81.488)- Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCASS:2020:CR02810

Chambre de l’instruction

Irrecevabilité

Demandeur : M. A... X...


Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles des articles 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, préliminaire, 179, 186, 186-3, 591 et 593 du code de procédure pénale  ;

“en ce que la président de la chambre de l’instruction a déclaré non admis l’appel formé par M. X... à l’encontre de l’ordonnance ;

“alors qu’il résulte de l’article 186-3, alinéa 1er, du code de procédure pénale que la personne mise en examen peut interjeter appel des ordonnances de renvoi devant le tribunal correctionnel dans le cas où elle estime que les faits renvoyés devant le tribunal correctionnel constituent un crime qui aurait dû faire l’objet d’une ordonnance de mise en accusation devant la cour d’assises ; qu’en affirmant pour déclarer non admis l’appel interjeté par M. X... à l’encontre de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, il est manifeste que les faits renvoyés devant le tribunal correctionnel sont insusceptibles de recouvrir une qualification criminelle alors même que l’exposant n’avait pas encore déposé de mémoire devant la chambre de l’instruction, le président de la chambre de l’instruction a excédé ses pouvoirs en méconnaissance de la disposition précitée” ;

Attendu qu’il résulte de l’ordonnance attaquée et des pièces de la procédure qu’à la suite d’un renseignement parvenu à la police judiciaire, une information a été ouverte pour des faits correctionnels de trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs ; que, mis en examen de ces chefs, M. A... X... a été renvoyé devant le tribunal correctionnel, par ordonnance en date du 21 janvier 2019 du juge d’instruction de Bastia, sous cette prévention initiale, incluant, en outre, pour les infractions à la législation sur les stupéfiants et sur les armes, l’état de récidive ; qu’il a interjeté appel de cette décision ;

Attendu que pour déclarer l’appel non-admis, le président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bastia relève, après avoir rappelé les dispositions des articles 186 et 186-3 du code de procédure pénale, que l’ordonnance de renvoi entreprise a été rendue dans l’information correctionnelle ouverte des chefs d’acquisition, détention, offre, ou cession, transport de produits stupéfiants, acquisition et détention d’armes et munitions de la catégorie B, association de malfaiteurs en vue de commettre un ou plusieurs délits punis de dix ans d’emprisonnement et qu’il est manifeste que les faits renvoyés devant le tribunal correctionnel sont insusceptibles de recouvrir une qualification criminelle ; qu’il ajoute qu’il ne résulte pas des éléments de la procédure que l’ordonnance de renvoi critiquée soit intervenue sans qu’il ait été statué sur une demande d’acte de la personne mise en examen ;

Attendu qu’en prononçant ainsi, le président de la chambre de l’instruction a justifié sa décision :

Qu’en effet, il appartient à ce magistrat, par application des dispositions du dernier alinéa de l’article 186 du code de procédure pénale, dans le but d’une bonne administration de la justice, de constater l’irrecevabilité de l’appel d’une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, lorsque la procédure suivie dès l’origine sous une qualification délictuelle ne comporte aucune possibilité de qualification criminelle des faits retenus ;

D’où il suit que le pourvoi n’est pas recevable ;

Par ces motifs :

DÉCLARE le pourvoi IRRECEVABLE.


Président : M. Soulard
Rapporteur : M. Moreau
Avocat général : M. Valat
Avocats : SCP Spinosi et Sureau