Arrêt n° 262 du 17 mars 2020 (19-82.117) - Cour de Cassation - Chambre criminelle
-ECLI:FR:CCAS:2020:CR00262

Rassemblement musical

Rejet

Demandeur(s) : Le procureur général près la cour d’appel de Reims

Défendeur(s) : MM. K... E... et autre(s)


Faits et procédure

1. Il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.

2. Dans la nuit du 27 au 28 avril 2018, un rassemblement de plusieurs milliers de personnes, nommé "Tecknival 2018 - 25ème anniversaire", a eu lieu, sans déclaration préalable, sur l’ancienne base aérienne de l’OTAN à Marigny (51) ; entre le 29 avril et le 1er mai 2018, les gendarmes ont procédé à la saisie des véhicules appartenant à MM. J... C... et L... B... , ainsi que du matériel de sonorisation s’y trouvant et de celui transporté par MM. K... E... et D... H... . MM. C... , B... , E... et H... ont été poursuivis devant le tribunal de police du chef d’organisation sans déclaration d’un rassemblement festif à caractère musical avec diffusion de musique amplifiée dans un espace non aménagé.

3. Le juge du premier degré a déclaré les prévenus coupables de cette infraction, les a condamnés à 200 euros d’amende avec sursis chacun et, à titre de peine complémentaire, a ordonné la confiscation des objets saisis. Toutes les parties ont relevé appel de cette décision.

Examen du moyen

Exposé du moyen

4. Le moyen est pris de la violation des articles des articles L. 211-15 et R. 211-27 du code de la sécurité intérieure.

5. Le moyen critique l’arrêt attaqué en ce qu’il a relaxé MM. E..., C... , B... et H... , alors "qu’il résulte de la combinaison de l’article L. 211-15 du code de la sécurité intérieure (qui prévoit la saisie du matériel utilisé) et de l’article R. 211-27 (qui prévoit la confiscation du matériel saisi) que, si le rassemblement se tient sans déclaration préalable, les utilisateurs de matériel de sonorisation encourent les peines prévues pour les organisateurs."

Réponse de la Cour

6. Contrairement à ce que soutient le moyen, seuls les organisateurs encourent les peines prévues pour l’infraction d’organisation sans déclaration préalable d’un rassemblement exclusivement festif à caractère musical.

7. Ainsi, le moyen, qui ne critique pas les motifs par lesquels la cour d’appel a, pour relaxer les prévenus, retenu que ceux-ci n’avaient pas la qualité d’organisateurs, doit être écarté.

8. Par ailleurs l’arrêt est régulier en la forme.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Soulard
Rapporteur : Mme Méano, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Le Dimna
Avocat(s) : SCP Matuchansky, Poupot et Valdelièvre