Arrêt n°1669 du 25 septembre 2019 (18-84.717) - Cour de cassation - Chambre criminelle
- ECLI:FR:CCASS:2019:CR01669

Chose jugée

Rejet

Demandeur(s) : M. A... X...


Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation du principe ne bis in idem, des articles 6 et 7 de la Convention européenne des droits de l’homme, 132-10, 222-36, 222-37, 222-40, 222-41, 222-43., 222-45, 222-47, 222-48, 222-49, 222-50, du code pénal, L. 5132-7, R. 5132-84, R. 5132-85, R. 5132-86 du code de la santé publique, 38, 215, 342, 343, 373, 382, 392, 406, 407, 414, 417, 419, 435 et 438 du code des douanes, de la Convention internationale unique sur les stupéfiants du 30 mars 1961, de l’article 4 du protocole additionnel n° 7 de la Convention européenne des droits de l’homme, 591 et 593 du code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale ;

“en ce que l’arrêt attaqué a déclaré M. X... coupable du délit douanier de détention sans justification d’origine de marchandise prohibée au sens de l’arrêté modifié du 11 décembre 2001, en l’espèce des produits stupéfiants et plus précisément 2,1 kg d’héroïne, le 12 janvier 2016, sur l’aire de péage de Fresnes-les-Montauban et l’a condamné au paiement solidaire d’une amende douanière de 47 000 euros ;

“alors que les mêmes faits ne peuvent faire l’objet de plusieurs qualifications identiques ; qu’ainsi M. X... ne pouvait être à la fois déclaré coupable d’importation, acquisition, transport et détention de stupéfiants et détention sans justification d’origine de marchandises prohibées, en l’espèce des produits stupéfiants” ;

Attendu qu’il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de procédure que, lors d’un contrôle à un péage autoroutier, les agents des douanes ont trouvé plus de deux kilogrammes d’héroïne dans le véhicule conduit par M. X... ; que ce dernier a été condamné, dans le cadre d’une comparution immédiate, des chefs d’importation, acquisition, transport et détention de produits stupéfiants par une décision du tribunal correctionnel devenue définitive en date du 15 janvier 2016 ; que, le 16 mars 2016, l’administration des douanes a fait citer M. X... devant ce même tribunal pour détention sans justification d’origine de marchandises prohibées, réputée importation en contrebande ; que les premiers juges ont condamné celui-ci à une amende douanière ; que le prévenu et le ministère public ont relevé appel de cette décision ; que la cour d’appel a confirmé la condamnation ;

Attendu que contrairement à ce que soutient le demandeur, l’article 4 du protocole n°7 à la Convention européenne des droits de l’homme n’a pas en lui-même pour effet d’interdire par principe tout cumul entre des actions pénales et douanières ; que par ailleurs, le demandeur n’invoque aucun élément de nature à faire obstacle en l’espèce à un tel cumul ;

D’où il suit que le moyen doit être écarté ;

Et attendu que l’arrêt est régulier en la forme ;

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Soulard
Rapporteur : Mme Pichon
Avocat général : M. Petitprez
Avocat : Me BROUCHOT - société civile professionnelle BORÉ, SALVE DE BRUNETON et MÉGRET