Arrêt n°1593 du 22 juillet 2020 (20-82.094) - Cour de cassation - Chambre criminelle
-ECLI:FR:CCAS:2020:CR01593

Détention provisoire

Annulation

Demandeur(s) : M. A... X...


Faits et procédure

1. Il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de la procédure ce qui suit.

2. M. A... X..., mis en examen des chefs susvisés a fait l’objet d’une ordonnance de placement en détention après débat différé, le vendredi 17 avril 2020.

3. Le lundi 20 avril 2020, le conseil de M. X... a formé appel de cette ordonnance et, conformément aux dispositions de l’article 187-1 du code de procédure pénale, a sollicité du président de la chambre de l’instruction qu’il examine immédiatement cet appel.

4. Suivant ordonnance du 21 avril 2020, le président de la chambre de l’instruction a jugé la demande d’examen immédiat de l’appel irrecevable au motif que l’appel, assorti d’une demande d’examen immédiat, a été interjeté le 20 avril 2020, soit plus d’un jour après la décision de placement en détention.

Examen du moyen

Enoncé du moyen

5. Le moyen critique l’ordonnance attaquée en ce qu’elle a déclaré irrecevable la demande d’examen immédiat de l’appel formé par M. X... contre l’ordonnance de placement en détention provisoire de ce dernier, alors « que commet un excès de pouvoir et viole les articles 187-1, 801, 591 et 593 du code de procédure pénale, ensemble les articles 5 et 6 de la Convention européenne des droits de l’homme le président de la chambre de l’instruction qui, saisi d’une demande d’examen immédiat de l’appel interjeté contre une ordonnance de placement en détention provisoire, déclare cette demande irrecevable au motif que l’appel a été interjeté plus d’un jour après l’ordonnance de placement, quand le délai d’un jour suivant une décision de placement en détention pour interjeter appel de cette décision et en demander l’examen immédiat par le président de la chambre de l’instruction, qui expirerait normalement un samedi ou un dimanche, est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant à vingt-quatre heures, de sorte qu’en l’espèce M. X... était recevable à demander au président de la chambre de l’instruction d’examiner immédiatement l’appel qu’il avait interjeté le lundi 20 avril 2020 de l’ordonnance de placement en détention provisoire de M. X... du vendredi 17 avril 2020. »

Réponse de la Cour

Vu les articles 187-1 et 801 du code de procédure pénale :

6. En application du premier de ces textes, en cas d’appel d’une ordonnance de placement en détention provisoire, la personne mise en examen ou le procureur de la République peut, si l’appel est interjeté au plus tard le jour suivant la décision de placement en détention, demander au président de la chambre de l’instruction d’examiner immédiatement son appel sans attendre l’audience de cette juridiction. Cette demande doit, à peine d’irrecevabilité, être formée en même temps que l’appel devant la chambre de l’instruction.

7. En vertu du second de ces textes, le délai qui expirerait normalement un samedi ou un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.

8. En déclarant irrecevable la demande d’examen immédiat de l’appel interjeté contre l’ordonnance de placement en détention provisoire, comme formée plus d’un jour après la décision de placement en détention alors que cette décision intervenue le vendredi 17 avril 2020, pouvait encore faire l’objet d’un appel et d’une demande d’examen immédiat, le lundi 20 avril, le président de la chambre de l’instruction a excédé ses pouvoirs.

9. L’annulation est par suite encourue.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

ANNULE, en toutes ses dispositions, l’ordonnance susvisée du président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles, en date du 21 avril 2020 ;

ORDONNE le retour du dossier de la procédure à cette juridiction ;

ORDONNE l’impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe du président de la chambre de l’Instruction de Versailles et sa mention en marge ou à la suite de l’arrêt annulé ;


Président : Mme de la Lance, conseiller le plus ancien faisant fonction de président en remplacement du président empêché
Rapporteur : M. Lavielle
Avocat général : Mme Bellone
, avocat général référendaire
Avocat(s) : SCP Célice, Texidor, Périer