Arrêt n°1494 du 8 septembre 2020 (19-87.252) - Cour de cassation - Chambre criminelle
-ECLI:FR:CCAS:2020:CR01494

Pèche maritime

Rejet

Demandeur(s) : société Aquaculture Jaouen


Faits et procédure

1. Il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.

2. A l’occasion d’un contrôle effectué sur ses activités de production de produits de la mer, la société Aquaculture Jaouen n’a pas été en mesure de présenter les documents d’enregistrement relatifs à cent trente six livraisons de palourdes, coques et moules qu’elle a réceptionnées et traitées entre décembre 2015 et mai 2016.

3. Elle a été poursuivie notamment pour avoir omis de respecter les exigences relatives aux certificats ou documents requis par les règlements communautaires mentionnés à l’article R. 231-42 du code rural et de la pêche maritime et déclinés par l’arrêté ministériel du 6 novembre 2013 fixant les conditions sanitaires de transfert et de traçabilité des coquillages.

4. Les juges du premier degré l’ont déclarée coupable de ce chef. La prévenue et le ministère public ont relevé appel de cette décision.

Examen des moyens

Sur les premier et deuxième moyens

5. Il ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi au sens de l’article 567-1-1 du code de procédure pénale.

Sur le troisième moyen

Enoncé du moyen

6. Le moyen critique l’arrêt attaqué en ce qu’il a confirmé le jugement ayant déclaré la société Aquaculture Jaouen coupable de transfert de lot de coquillages vivants sans document d’enregistrement, alors « que toute personne responsable d’un transfert de coquillages vivants émet pour chaque lot de coquillages un document d’enregistrement conforme au modèle en annexe et remet l’original au destinataire du lot de coquillages et chacun en conserve une copie pendant un an dans un registre dans lequel les documents d’enregistrement sont archivés chronologiquement ; qu’il en résulte que l’infraction de transfert de lot de coquillages vivants sans document d’enregistrement ne peut être retenue qu’à l’encontre du responsable du transfert, qui n’a pas émis ce document lors du transfert, et non à l’encontre du destinataire du lot de coquillages ; que dès lors, en déclarant la société Aquaculture Jaouen coupable de transfert de lot de coquillages vivants sans document d’enregistrement, aux motifs que « s’il incombe effectivement aux pêcheurs livreurs d’émettre un document, il incombe au destinataire du lot de coquillage de conserver ce document pendant un an, en sorte que la société Aquaculture Jaouen est inopérante à faire valoir que seraient seuls fautifs les pêcheurs qui lui auraient livré ces lots de coquillages sans avoir émis les documents d’enregistrement exigés pour chaque livraison, alors que ayant elle-même l’obligation de conserver ces documents il lui incombait de veiller à ce que chaque livraison dans ses parcs soit accompagnée d’un tel document  » (arrêt, p. 20), cependant qu’étant le destinataire et non le responsable des transferts de coquillages, la société Aquaculture Jaouen ne pouvait être condamnée pour transfert de lot de coquillages vivants sans document d’enregistrement, la cour d’appel a violé les articles R. 237-2 et R. 231-42 du code rural et de la pêche maritime et l’article 2 de l’arrêté ministériel du 6 novembre 2013 fixant les conditions sanitaires de transfert et de traçabilité des coquillages vivants. »

Réponse de la Cour

7. Pour confirmer le jugement, l’arrêt attaqué énonce qu’aux termes de l’article 2 de l’arrêté ministériel du 6 novembre 2013 relatif au classement, à la surveillance et à la gestion sanitaire des eaux de production et de zone de reparcage de coquillages vivants, toute personne responsable de transferts de coquillages vivants émet, pour chaque lot, un document d’enregistrement dont il remet l’original au destinataire, chacun en conservant une copie pendant un an dans un registre tenu chronologiquement.

8. Les juges ajoutent que l’argumentation de la prévenue, selon laquelle seuls seraient fautifs les pêcheurs ayant livré les lots sans avoir émis les documents d’enregistrement, est inopérante dès lors que s’il incombe aux pêcheurs livreurs d’émettre le document d’enregistrement pour chaque livraison, il appartient au destinataire de conserver ce document pendant un an et donc de veiller à ce que chaque livraison en soit accompagnée.

9. En l’état de ces énonciations, la cour d’appel a justifié sa décision.

10. En effet, selon le paragraphe 2 du chapitre I, de la section VII de l’annexe III du règlement (CE) n° 853/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 fixant des règles spécifiques d’hygiène applicables aux denrées alimentaires d’origine animale auquel se réfère l’article R.231-42 du code rural et de la pêche maritime visé à la prévention, les exploitants du secteur alimentaire ne peuvent accepter de lots de mollusques bivalves vivants que si sont respectées les exigences en matière de documentation figurant aux paragraphes 3 à 7, parmi lesquelles figure l’obligation que le lot soit accompagné jusqu’à son arrivée du document d’enregistrement qu’ils doivent conserver et à partir duquel ils doivent enregistrer la date de réception.

11. Dès lors, le moyen doit être écarté.

12. Par ailleurs l’arrêt est régulier en la forme.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Soulard
Rapporteur : M. Samuel
Avocat général : M. Quintard
Avocat(s) : SCP Marlange et de La Burgade