Arrêt n° 29 du 7 janvier 2014 (12-20.204) - Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2014:CO00029

Cautionnement

Rejet

Cautionnement


Demandeur(s) : Banque populaire rives de Paris
Défendeur(s) : Société européenne de cautionnement


 

Sur le moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 11 avril 2012), que la Société d’exploitation des tabacs et allumettes, devenue Altadis (le fournisseur), a consenti un crédit de stock à la société Seven (la société), exploitant un débit de tabac ; que le 7 octobre 2002, la société Européenne de cautionnement (la caution) s’est rendue caution envers le fournisseur du paiement des factures que la société pourrait lui devoir ; que le 3 décembre 2002, la Banque populaire nord de Paris (la sous-caution) s’est rendue caution de la société pour le paiement des sommes que cette dernière pourrait devoir à la caution ; qu’après paiement de la dette de la société défaillante le 7 novembre 2006, la caution a assigné en exécution de sa garantie la Banque populaire rives de Paris, venant aux droits de la sous-caution pour l’avoir absorbée les 8 et 9 novembre 2004 ;

Attendu que la Banque populaire rives de Paris fait grief à l’arrêt de l’avoir condamnée à payer à la caution une certaine somme, alors, selon le moyen :

1°/ que la caution qui a payé a son recours contre le débiteur principal ; que c’est seulement après avoir payé le créancier que la caution, devenue alors créancière du débiteur principal, dispose contre la sous-caution, garante des engagements de celui-ci, d’une action personnelle en exécution de sa garantie ; qu’en ayant retenu que la dette de la Banque populaire nord de Paris, était née le jour de la conclusion du cautionnement, le 3 décembre 2002, et non pas le jour où la société Européenne de cautionnement avait payé à la société Altadis la dette de la société Seven, le 7 novembre 2006, la cour d’appel a violé l’article 2028, devenu 2305 du code civil ;

2°/ que le cautionnement ne se présume point ; il doit être exprès et on ne peut pas l’étendre au-delà des limites dans lesquelles il a été contracté ; que la fusion entraîne la dissolution sans liquidation des sociétés qui disparaissent et la transmission universelle de leur patrimoine aux sociétés bénéficiaires dans l’état où il se trouve à la date de la réalisation définitive de l’opération ; qu’ainsi, en cas de fusion de sociétés, le cautionnement donné par une société fusionnée ne couvre que les dettes nées antérieurement à la fusion ; qu’en ayant condamné la Banque populaire rives de Paris, société ayant absorbé la Banque populaire nord de Paris, à payer à la société Européenne de cautionnement une dette née postérieurement à la fusion opérée le 9 novembre 2004, la cour d’appel a violé l’article 2015, devenu 2292, du code civil et l’article L. 236-3 du code de commerce ;

Mais attendu qu’aux termes de l’article L. 236-3, I du code de commerce, la fusion entraîne la dissolution sans liquidation des sociétés qui disparaissent et la transmission universelle de leur patrimoine aux sociétés bénéficiaires, dans l’état où il se trouve à la date de réalisation définitive de l’opération ; qu’il s’ensuit qu’en cas d’absorption d’une société ayant souscrit un engagement de sous-caution, la société absorbante est tenue d’exécuter cet engagement dans les termes de celui-ci ; qu’ayant relevé que le contrat de sous-cautionnement avait été conclu antérieurement à la fusion, la cour d’appel en a exactement déduit que la Banque populaire rives de Paris était tenue de l’exécuter ; que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Espel
Rapporteur : Mme Levon-Guérin, conseiller
Avocat général : Mme Pénichon
Avocat(s) : SCP Blanc et Rousseau ; Me Le Prado