04-11.132 
Arrêt n° 1041 du 5 juillet 2005
Cour de cassation - Chambre commerciale

Entreprise en difficulté

Cassation sans renvoi


Demandeur(s) à la cassation : société Silvestri et Baujet, pris en sa qualité de mandataire liquidateur à la liquidation judiciaire de la société Penicaut
Défendeur(s) à la cassation : société Thomson multimédia sales Europe et autre


Sur le moyen unique :

Vu les articles 853 du nouveau Code de procédure civile et 85-1, alinéa 2 du décret du 27 décembre 1985 :

Attendu qu’il résulte de ces textes que la personne qui saisit, pour le compte d’un tiers, le juge-commissaire d’une demande en revendication doit, si elle n’est pas avocat, être munie d’un pouvoir spécial donné par écrit ; que ce pouvoir doit accompagner la requête engageant l’action en revendication devant le juge-commissaire ou être produit dans le délai légal de celle-ci ;

Attendu, selon l’arrêt déféré que la société Thomson mutimedia sales Europe (la société Thomson) a vendu divers matériels avec clause de réserve de propriété à la société Penicault 2 M ; que cette dernière a été mise en liquidation judiciaire, la SCP Silvestri-Baujet (le liquidateur) étant désignée liquidateur ; que la SCP Martin-Bruneel, titulaire d’un office d’huissier de justice (l’huissier de justice), a, le 24 août 2001, adressé au liquidateur une déclaration de créance ainsi qu’une demande amiable tendant à la revendication des matériels, à défaut à la restitution de leur prix, accompagnées d’un pouvoir dont l’avait investi la société Thomson ; qu’en l’absence de réponse du liquidateur, l’huissier de justice a présenté une requête en revendication au juge-commissaire ; que le liquidateur a opposé la nullité de cette requête ; que le juge-commissaire a accueilli l’exception de nullité ; que, sur recours de la société Thomson, le tribunal a, par jugement du 11 décembre 2002, infirmé l’ordonnance ;

Attendu pour écarter l’exception de nullité et déclarer recevable la requête en revendication présentée par l’huissier de justice, l’arrêt, après avoir constaté que ce dernier était investi d’un pouvoir spécial et écrit qui lui avait été conféré par la société Thomson et qu’il avait saisi le liquidateur de deux actions : déclaration de créance et revendication, retient que ce pouvoir, valablement produit dans le délai de trois mois suivant la publication du jugement d’ouverture, s’appliquait aux deux requêtes, aucun texte ne faisant obligation dans un tel cas à un mandataire de produire autant de mandats ad litem que de requêtes présentées dans un même litige ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors qu’il n’était pas contesté que la requête en revendication adressée au juge-commissaire par l’huissier de justice n’était pas accompagnée du pouvoir spécial conféré à ce dernier et que ce pouvoir n’avait pas été produit dans le délai de l’action en revendication, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

Et attendu qu’en application de l’article 627 du nouveau Code de procédure civile, la Cour de cassation est en mesure, en cassant sans renvoi, de mettre fin au litige par application de la règle de droit appropriée ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 9 décembre 2003, entre les parties, par la cour d’appel de Bordeaux ;

DIT n’y avoir lieu à renvoi ;

Infirme le jugement du 11 décembre 2002 et rejette le recours de la société Thomson multimédia sales Europe ;


Président : M. Tricot
Rapporteur : Mme Pinot, conseiller
Avocat général : M. Lafortune
Avocat(s) : Me Ricard, la SCP Waquet, Farge et Hazan