03-17.129 
Arrêt n° 76 du 17 janvier 2006
Cour de cassation - Chambre commerciale

Banque

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : syndicat de copropriété de l’immeuble Port Mandelieu 1 et 2, représentée par son syndic le Cabinet CRGI Revel
Défendeur(s) à la cassation : société Caixabank SA


Sur le moyen unique, après avis de la troisième chambre civile :

Vu les articles 1382 et 1383 du Code civil ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que le syndicat des copropriétaires de la résidence Port Mandelieu (le syndicat) alléguant que du fait de la fusion opérée par la SA Caixabank (la banque) entre les différents sous-comptes de copropriété dont M. X... était le syndic, il ne lui avait été représenté qu’une somme inférieure à celle dont son compte était créditeur, a assigné la banque en responsabilité et en remboursement de la différence ;

Attendu que pour rejeter la demande du syndicat, l’arrêt retient qu’en l’absence de justification d’une demande d’ouverture de compte séparé, conformément à l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 dans sa rédaction applicable en 1991, le syndicat n’établit pas que la banque ait commis une faute à son égard en fusionnant ces sous-comptes ;

Attendu qu’en statuant ainsi, après avoir relevé que la banque avait ouvert un compte de gestion immobilière au nom du syndic et des sous-comptes au nom de chacune des copropriétés qu’il gérait, ce dont il résultait que la banque devait savoir que le syndic ne pouvait agir qu’en qualité de mandataire des différents syndicats et qu’elle ne pouvait mettre en oeuvre, sans l’accord de ces derniers, une convention de fusion des divers comptes de copropriété, et alors que la seule circonstance que le syndicat ne justifie pas avoir demandé l’ouverture d’un compte séparé à son nom étant insuffisante pour établir cet accord, la cour d’appel n’a pas tiré les conséquences légales de ses constatations ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 17 juin 2003, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée ;


Président : M. Tricot 
Rapporteur : Mme Cohen-Branche, conseiller
Avocat général : M. Feuillard
Avocat(s) : Me Copper-Royer