05-19.298
Arrêt n° 1285 du 21 novembre 2006
Cour de cassation - Chambre commerciale

Entreprise en difficulté

Rejet

 


Demandeur(s) à la cassation : société Lucciana ambulances SARL et autre
Défendeur(s) à la cassation : caisse autonome de retraites coplémentaires et de prévoyance du transport CARCEPT

 

Sur le moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Bastia, 10 août 2005, arrêt n° 642), qu’après la mise en liquidation judiciaire de la société Lucciana ambulances (la société), le juge-commissaire a rejeté la créance de la Caisse autonome de retraites complémentaires et de prévoyance du transport (la caisse) par ordonnance du 17 février 2004 ; qu’infirmant cette décision, la cour d’appel a admis la créance de la caisse à concurrence de la somme de 7 915,49 euros à titre privilégié ;

Attendu que la société et M. X..., son liquidateur judiciaire, font grief à l’arrêt d’avoir ainsi statué, alors, selon le moyen, que la mention d’une signature pré-imprimée et scannée sur une déclaration de créance équivaut à un défaut de signature, laquelle déclaration ne saurait être régularisée que dans le délai de deux mois imparti ou dans le cadre d’une procédure de relevé de forclusion, et, en tout état de cause, avant le prononcé de l’ordonnance du juge-commissaire ; que la cour d’appel, qui a dûment constaté que la seule mention "identifiante" apposée dans la déclaration de la caisse était une signature pré-imprimée et scannée, comme telle inopérante, mais qui a néanmoins cru pouvoir exciper d’une tentative de régularisation opérée le 19 août 2004, alors que l’ordonnance du juge-commissaire rendue datait du 17 février 2004, pour admettre la créance, n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, en violation de l’article L. 621-43 du code de commerce, ensemble l’article 853, alinéa 1er, du nouveau code de procédure civile ;Mais attendu que la preuve de l’identité du déclarant peut être faite, même en l’absence de signature de la déclaration, par tous moyens, jusqu’au jour où le juge statue ;

 

Attendu qu’après avoir relevé que le directeur de la caisse avait donné pouvoir à Mme Y... pour "produire à toutes procédures de redressement et de liquidation judiciaire", l’arrêt constate que la déclaration de créance litigieuse est revêtue de la signature pré-imprimée et scannée de Mme Y... et que, par attestation établie le 19 août 2004, celle-ci a formellement reconnu et identifié cette signature de sorte que cet élément extrinsèque permet d’identifier avec certitude le déclarant ; qu’en l’état de ces constatations et appréciations, la cour d’appel, qui pouvait prendre en considération l’attestation établie par l’auteur de la déclaration litigieuse, a légalement justifié sa décision ; que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Tricot
Rapporteur : M. Delmotte, conseiller référendaire
Avocat général : M. Jobard
Avocat(s) : la SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, la SCP Masse-Dessen et Thouvenin