01.16.034 
Arrêt n° 1193 du 12 juillet 2004
Cour de cassation - Chambre ommerciale 

Entreprise en difficulté

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : M. Pierre X...
Défendeur(s) à la cassation : Société Transolver Finance SA


Sur le moyen unique, pris en sa deuxième branche :

Vu les articles 1844-7,7° du Code civil, 14 du nouveau Code de procédure civile, L. 621-68 du Code de commerce et 90 du décret du 27 décembre 1985 ;

Attendu que le jugement arrêtant le plan de cession de l’entreprise met fin dès son prononcé à la période d’observation et que le débiteur retrouve la totalité de ses pouvoirs, sous réserve de ceux qui sont attribués à l’administrateur pour la mise en oeuvre du plan et au commissaire à l’exécution du plan pour veiller à son exécution et vendre les biens non compris dans le plan de cession ; qu’il ne peut, s’agissant d’une société dissoute en application de l’article 1844-7,7° du Code civil et dont le dirigeant est privé de ses pouvoirs à compter de la décision arrêtant le plan de cession totale des actifs, exercer ses droits et actions que par l’intermédiaire de son liquidateur amiable ou d’un mandataire de justice spécialement désigné à cet effet ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, rendu en matière de référé, qu’une procédure de redressement judiciaire simplifiée a été ouverte le 11 octobre 2000 à l’égard de la société Entreprise Charles Aubert (la société), dont le tribunal a arrêté le plan de redressement par voie de cession le 21 novembre suivant, en maintenant M. X... en qualité de représentant des créanciers pendant la durée nécessaire à la passation des actes ainsi qu’à la vérification des créances et en le désignant en qualité de commissaire chargé de veiller à l’exécution du plan ; que le 30 janvier 2001 la société Transolver Finance a assigné la société et M. X... en qualité de commissaire à l’exécution du plan, aux fins de condamnation au paiement par provision de la somme de 23 144,08 francs au titre des loyers impayés ; qu’une ordonnance du 6 février 2001 a mis hors de cause la société et condamné M. X..., ès qualités, à payer ladite somme à la demanderesse en application de l’article L. 621-32 du Code de commerce ;

Attendu que pour confirmer cette ordonnance, l’arrêt retient que l’article 90 du décret du 27 décembre 1985 n’impose pas, après une décision arrêtant un plan de cession, au demandeur de mettre en cause le débiteur pour obtenir le paiement d’une créance de l’article L. 621-32 du Code de commerce ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors que le commissaire à l’exécution du plan ne représentait pas la société débitrice contre laquelle l’action devait être dirigée, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 27 juin 2001, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Orléans ; 


Président : M. Tricot 
Rapporteur : Mme Besançon, conseiller
Avocat général : M. Jobard
Avocat(s) : la SCP Nicolaÿ et de Lanouvelle, la SCP Laugier et Caston