05-16.921
Arrêt n° 781 du 13 juin 2006
Cour de cassation - Chambre commerciale

Transport terrestre

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : société Transports Péronnet
Défendeur(s) à la cassation : société Constructions électriques RV


Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l’article L. 132-8 du code de commerce ;

Attendu qu’il résulte de ce texte que ne peut être opposée au transporteur substitué exerçant l’action directe contre l’expéditeur que l’interdiction de substitution dont ce voiturier a eu ou aurait dû avoir connaissance ;

Attendu, selon l’arrêt déféré, rendu sur renvoi après cassation (chambre commerciale, financière et économique, 28 janvier 2004, bulletin n° 19), que la société Péronnet (le transporteur substitué) qui, à la demande de la société TTNI Jamon (société TTNI), avait transporté des marchandises de la société Contructions électriques RV (l’expéditeur) et n’avait pu être payée, a assigné l’expéditeur en paiement de ses prestations ;

Attendu que, pour rejeter sa demande, l’arrêt retient que l’interdiction faite par l’expéditeur à la société TTNI de se substituer un autre transporteur dans les opérations de transport qu’elle lui confiait ressort expressément de leurs relations contractuelles et que la société TTNI n’ayant pas respecté son obligation d’exécuter elle-même les prestations de transport qui lui avaient été confiées par son cocontractant, le transporteur substitué était donc mal fondé à se prévaloir des dispositions de l’article L. 132-8 du code de commerce ;

Attendu qu’en se déterminant ainsi, sans rechercher si le transporteur, substitué dans la mission initialement confiée à la société TTNI, savait ou aurait dû savoir que l’expéditeur avait interdit à son cocontractant toute substitution, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 2 mai 2005, entre les parties, par la cour d’appel de Bourges ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Orléans ;


Président : M. Tricot
Rapporteur : M. Potocki, conseiller
Avocat général : M. Casorla
Avocat(s) : Me Ricard, la SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez