Avis n° 17003 du 27 février 2017 (Demande n° Q 17-70.001) ECLI:FR:CCASS:2017:AV17003


Demandeur : OPH HABITAT 76
Défendeur : M. Emmanuel X... ; et autre


Résumé : En application de l’article 1031-1 du code de procédure civile, toutes les parties et le ministère public doivent, préalablement à la décision de transmission, être avisés par le juge de ce qu’il envisage de solliciter l’avis de la Cour de cassation et invités à produire leurs observations, dans un délai fixé par le juge, sur la demande d’avis. A défaut, celle-ci est irrecevable.

Il ne résulte ni de l’ordonnance ni du dossier transmis à la Cour de cassation que le juge des référés du tribunal d’instance ait, préalablement à sa décision, avisé les défendeurs de ce qu’il envisageait de solliciter l’avis de la Cour de cassation, en leur fixant un délai pour produire leurs observations écrites.

Cette formalité n’ayant pas été accomplie et la notification ultérieure de la décision ne pouvant y suppléer, la demande d’avis est irrecevable.


Selon l’article 1031-1 du code de procédure civile, lorsque le juge envisage de solliciter l’avis de la Cour de cassation en application de l’article L.441-1 du code de l’organisation judiciaire, il en avise les parties et le ministère public, à peine d’irrecevabilité, et il recueille leurs observations écrites éventuelles dans le délai qu’il fixe, à moins qu’ils n’aient déjà conclu sur ce point.

 Ce texte a pour finalité le respect du principe de la contradiction préalablement à toute transmission d’une demande d’avis à la Cour de cassation. Il vise, en effet, à obtenir des parties leur avis sur l’utilité de poser une question de droit à la Cour de cassation et sur son contenu.

Il en résulte que toutes les parties et le ministère public doivent, préalablement à la décision de transmission, être avisés par le juge de ce qu’il envisage de solliciter l’avis de la Cour de cassation et invités à produire leurs observations, dans un délai fixé par le juge, sur la demande d’avis. A défaut, celle-ci est irrecevable.

En l’espèce, il ne résulte ni de l’ordonnance ni du dossier transmis à la Cour de cassation que le juge des référés du tribunal d’instance ait, préalablement à sa décision, avisé les défendeurs de ce qu’il envisageait de solliciter l’avis de la Cour de cassation, en leur fixant un délai pour produire leurs observations écrites.

Cette formalité n’ayant pas été accomplie et la notification ultérieure de la décision ne pouvant y suppléer, la demande d’avis est irrecevable.

En conséquence,

LA COUR

Déclare irrecevable la demande d’avis.


Président : M. Louvel, premier président
Rapporteur : Mme Martinel
Avocat général : Michel Girard