Arrêt n°3758 du 30 janvier 2019 (18-81.460) - Cour de cassation - Chambre criminelle
- ECLI:FR:CCASS:2019:CR03758

Rejet

Demandeur(s) : M. Z...H...


Vu les mémoires produits en demande et en défense ;

Sur le second moyen de cassation, pris de la violation des articles 122-1, 314-1 du code pénal, 591 et 593 du code de procédure pénale, défaut de motifs, manque de base légale ;

Vu l’article 567-1-1 du code de procédure pénale ;

Attendu que le moyen n’est pas de nature à être admis ;

Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles, 5, 591 et 593 du code de procédure pénale, défaut de motifs, manque de base légale ;

"en ce que l’arrêt attaqué a dit l’action de la partie civile recevable ;

"aux motifs que aux termes de l’article 5 du code de procédure pénale, la partie qui a exercé son action devant la juridiction civile compétente ne peut la porter devant la juridiction répressive ; que toutefois, cette règle n’est applicable à la victime d’une infraction que si l’action qu’elle a portée devant la juridiction civile comporte une identité de parties, de cause et d’objet avec celle exercée par elle contre la même partie devant le tribunal correctionnel ; qu’en l’espèce, la constitution de partie civile du chef d’abus de confiance tendant à la réparation du dommage résultant de cette infraction, diffère quant à son objet de la déclaration de créance préalablement effectuée devant le tribunal de commerce ; que dès lors, les deux actions n’ayant pas le même objet, M. H...  ne peut valablement opposer à la partie civile l’irrecevabilité de sa constitution de partie civile sur le fondement de la règle una via electa énoncée par l’article 5 du code de procédure pénale ; qu’il y a lieu en conséquence d’infirmer le jugement entrepris et de dire l’action de la partie civile de la société Komatsu Financial France recevable ;


"alors que la partie qui a exercé son action devant la juridiction civile compétente ne peut porter devant la juridiction répressive une action comportant une identité de parties, de cause et d’objet avec celle exercée par elle devant la juridiction civile ; qu’en retenant, pour juger que l’action de la partie civile était recevable, que la constitution de partie civile du chef d’abus de confiance tendant à la réparation du dommage résultant de cette infraction différait quant à son objet de la déclaration de créance préalablement effectuée devant le tribunal de commerce, sans toutefois rechercher, comme elle y était invitée, si la réparation du dommage résultant de l’infraction poursuivie, demandée par la partie civile, correspondait en réalité au paiement de la créance, du même montant, déclarée par celle-ci, auprès du tribunal de commerce, ce dont il résultait que les deux actions visaient à obtenir le paiement de la même créance et avaient donc le même objet, la cour d’appel n’a pas justifié légalement sa décision" ;

Attendu qu’il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de procédure que la société Komatsu Financial France (la société) a conclu avec la société H... , dirigée par M. H... , un contrat de crédit bail portant sur une pelle à chenille et ses accessoires et qu’à la suite de l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire à l’égard de cette dernière, la société a déclaré sa créance pour un montant de 56 526 euros ; que la société, reprochant à M. H...  d’avoir vendu le matériel à un tiers pour une somme de 55 000 euros, l’a directement fait citer devant le tribunal correctionnel pour abus de confiance et a sollicité, en réparation de son préjudice, le paiement de cette somme ; que le prévenu a soulevé in limine litis une fin de non recevoir prise de l’application de la règle Electa una via ; que les premiers juges l’ont reçue et ont déclaré la société irrecevable en son action ; que la partie civile a interjeté appel ;

Attendu que, pour rejeter l’exception d’irrecevabilité de l’action civile fondée sur l’article 5 du code de procédure pénale, l’arrêt retient que la constitution de partie civile du chef d’abus de confiance tendant à la réparation du dommage résultant de cette infraction, diffère quant à son objet de la déclaration de créance préalablement effectuée devant le tribunal de commerce ;

Attendu que la déclaration de créance ne constituant pas une action exercée devant une juridiction civile au sens de l’article 5 du code de procédure pénale, le moyen, qui reproche à l’arrêt de ne pas avoir recherché si la déclaration de créance et l’action civile devant le juge pénal visaient à obtenir le paiement de la même créance et avaient donc le même objet, est inopérant ;

Et attendu que l’arrêt est régulier en la forme ;

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Soulard
Rapporteur : Mme Pichon, conseiller réferendaire rapporteur
Avocat général : M. Salomon
Avocats : Me Balat, SCP Marlange et de La Burgade