Arrêt n° 82 du 1er février 2018 (17-13.980) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C300082

Procédure civile

Rejet

Sommaire :
Les juges du fond disposent d’un pouvoir souverain pour apprécier si la non-acceptation du désistement du demandeur est fondée sur un motif légitime.


Demandeur(s) : M. Daniel X...
Défendeur(s) : le syndicat des copropriétaires La Bruyère II, représenté par son syndic


Sur le moyen unique :

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 4 janvier 2017), que, par acte du 18 août 2008, M. X…, propriétaire de lots dans un immeuble en copropriété, a été assigné par le syndicat des copropriétaires en paiement de charges ; que, le mandat du syndic ayant été annulé par décision du 11 avril 2013, le syndicat des copropriétaires s’est désisté de son instance ; que M. X… s’est opposé au désistement au motif qu’il avait préalablement sollicité l’annulation du commandement de payer et de l’assignation qui lui avaient été délivrés ;

 Attendu que M. X… fait grief à l’arrêt de donner acte au syndicat des copropriétaires de son désistement, alors selon le moyen :

 1°/ que le syndic ne peut représenter un syndicat de copropriétaires que s’il dispose d’un mandat valable ; qu’en ne recherchant pas, comme elle y était invitée, si la société Segine, se prétendant comme syndic du syndicat des copropriétaires La Bruyère II, disposait d’un mandat valable pour représenter le syndicat et donc se désister, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article 17 de la loi du 10 juillet 1965 ;

 2°/ que l’annulation du mandat d’un syndic a une portée rétroactive, de sorte que les actes délivrés par ses soins antérieurement au mandat annulé ne sont pas valables, peu important que l’annulation ait été prononcée postérieurement à la délivrance desdits actes ; qu’en refusant d’annuler le commandement de payer et l’assignation délivrés par la société Segine pour en déduire que le désistement du syndicat devait être accepté, au seul motif erroné que ces actes avaient été délivrés à une date où le mandat du syndic n’avait pas encore été annulé, la cour d’appel a violé l’article 17 de la loi du 10 juillet 1965 ;

 Mais attendu qu’ayant retenu, nonobstant l’erreur sur la capacité du syndic à représenter le syndicat des copropriétaires lors de l’assignation, laquelle est sans portée, que le syndicat des copropriétaires avait tiré les conséquences de la décision du 11 avril 2013 en se désistant de ses demandes et qu’une autre instance était pendante devant le tribunal de grande instance pour obtenir la condamnation de M. X… au paiement de charges comprenant celles objet de l’instance dont elle était saisie, la cour d’appel, qui n’était pas tenue de procéder à une recherche qui ne lui était pas demandée, en a souverainement déduit que M. X… ne justifiait pas d’un intérêt légitime à s’opposer au désistement du syndicat des copropriétaires ;

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

  PAR CES MOTIFS :

 REJETTE le pourvoi ;


 Président : M. Chauvin

Rapporteur : Mme Dagneaux

Avocat(s) : Me Occhipinti ; SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin