Arrêt n° 103 du 8 février 2018 (17-11.135) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C300103

contrat d’entreprise

Cassation

Sommaire :
Viole l’article 103 du code des marchés publics, alors applicable, une cour d’appel qui déclare irrecevable la demande formée par une commune, maître de l’ouvrage, auprès d’une banque ayant accordé une garantie à première demande alors qu’en l’absence de levée des réserves formulées dans le procès-verbal de réception et notifiées au titulaire du marché la banque demeurait tenue à garantie.


Demandeur : commune de Mugron, représentée par son maire en exercice
Défendeur : société BTP Banque, société anonyme


Attendu que les établissements ayant accordé leur caution ou leur garantie à première demande sont libérés un mois au plus tard après l’expiration du délai de garantie ; que, toutefois, si des réserves ont été notifiées au titulaire du marché ou aux établissements ayant accordé leur caution ou leur garantie à première demande pendant le délai de garantie et si elles n’ont pas été levées avant l’expiration de ce délai, les établissements sont libérés de leurs engagements un mois au plus tard après la date de leur levée ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 16 septembre 2016), que la commune de Mugron (la commune) a confié des travaux d’aménagement d’un plateau sportif à la société d’exploitation Etablissements Jean Lurbe (la société), qui a souscrit une garantie à première demande auprès de la société Bâtiment et travaux publics Banque (la banque) ; qu’après réception avec réserves et mise en liquidation judiciaire de la société, la commune a assigné la banque en exécution de son engagement de garantie ;

Attendu que, pour déclarer irrecevable la demande de la commune, l’arrêt retient que, le procès-verbal de réception étant intervenu avec des réserves le 17 septembre 2010, la lettre recommandée adressée à la banque le 15 novembre 2011 était tardive ;

Qu’en statuant ainsi, alors qu’en l’absence de levée des réserves formulées dans le procès-verbal de réception et notifiées au titulaire du marché, la banque demeure tenue à garantie, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 16 septembre 2016, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;


Président : M. Chauvin
Rapporteur : M. Nivôse, conseiller

Avocat général : M. Kapella
Avocat(s) : SCP Ortscheidt ; SCP Thouin-Palat et Boucard