Arrêt n° 1028 du 8 octobre 2015 (14-16.071) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C301028

Copropriété

Cassation


Demandeur(s) : le syndicat des copropriétaires de l’immeuble ..., à Reims, représenté par son syndic la société Sefic

Défendeur(s) : M. Alexandre X..., et autre


Sur le moyen unique :

 

 Vu l’article 2272 du code civil ;

 


 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Reims, 4 février 2014), que M. Y… était propriétaire d’un immeuble qu’il a divisé puis vendu par lots ; que, par acte du 19 septembre 2007, Monique Z… veuve Y… et Mme Y… ont vendu un lot de copropriété correspondant à un garage, à M. X…, déjà propriétaire d’autres lots ; que le syndicat des copropriétaires de l’immeuble … (le syndicat), se prévalant de l’acquisition du lot par prescription, a assigné M. X… ainsi que Mmes Z… et Y… en inopposabilité de la vente et restitution du lot ; que Monique Z… est décédée en 2011 ;

 

 Attendu que, pour rejeter la demande, l’arrêt relève que la qualification de partie privative du garage n’est pas contestée et se trouve corroborée par le règlement de copropriété et qu’aucun vote n’a entériné un changement de destination du lot ou des modalités de jouissance de celui-ci et retient que l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965 interdit d’imposer à un copropriétaire la transformation d’une partie privative en partie commune, fût-ce par le jeu de la prescription acquisitive et que, l’objet d’un syndicat de copropriétaires étant de conserver et d’administrer l’immeuble, celui-ci ne peut porter atteinte aux droits fondamentaux des copropriétaires et donc acquérir par prescription les parties privatives de l’un de ses membres ;

 

 Qu’en statuant ainsi, alors qu’aucune disposition ne s’oppose à ce qu’un syndicat de copropriétaires acquière par prescription la propriété d’un lot, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 4 février 2014, entre les parties, par la cour d’appel de Reims ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris ;

 


Président : M. Chauvin

Rapporteur : Mme Masson-Daum, conseiller

Avocat général : Mme Guilguet-Pauthe

Avocat(s) : SCP Boullez ; SCP Spinosi et Sureau