Arrêt n° 409 du 26 mars 2014 (13-13.670) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2014:C300409

Urbanisme

Rejet


Demandeur(s) : M. Germain X...

Défendeur(s) : la Collectivité territoriale Corse, représentée par le président du conseil exécutif


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Bastia, 5 décembre 2012), que M. X…, propriétaire d’un terrain situé dans un espace réservé par un plan d’urbanisme, s’étant vu refuser un certificat d’urbanisme, a mis en demeure la collectivité territoriale de Corse d’acquérir son terrain dans le cadre de la mise en oeuvre de la procédure de délaissement prévue par l’article L. 111 -11 du code de l’urbanisme ; qu’aucun accord n’étant intervenu sur le prix de cession, il a saisi le juge de l’expropriation qui a pris acte de l’accord des parties et ordonné le transfert de propriété au profit de la collectivité territoriale ; que le terrain cédé n’ayant pas, plus de cinq ans après, été utilisé aux fins envisagées, M. X… a demandé la rétrocession du terrain ;

 

 Attendu que M. X… fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande, alors, selon le moyen, que le droit de rétrocession ouvert par l’article L. 12-6 du code de l’expropriation peut être invoqué par le propriétaire qui, en conséquence d’une réserve d’urbanisme grevant son fonds, a sollicité de la collectivité publique bénéficiaire de la réserve l’acquisition du terrain en application de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme, dès lors que la cession a été constatée par le juge de l’expropriation ; qu’en conséquence de la réserve d’urbanisme grevant la parcelle dont il était propriétaire au profit de la collectivité territoriale de Corse, M. X… a obtenu du juge de l’expropriation qu’il donne acte aux parties de la vente de cette parcelle à la collectivité publique en application de l’article L. 111-11 ; que M. X…r pouvait, dès lors, agir en rétrocession de la parcelle, dont la cession amiable avait fait l’objet d’un jugement de donné acte du juge de l’expropriation ; qu’en se fondant, pour décider le contraire, sur le fait que M. X… n’avait pas été exproprié, la cour d’appel a violé les textes susvisés, ensemble l’article 1er du premier protocole additionnel de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ;

 

 Mais attendu que l’exercice du droit de délaissement d’un terrain constituant une réquisition d’achat à l’initiative des propriétaires de ce terrain, la cour d’appel, devant laquelle M. X… n’avait pas invoqué une violation de l’article 1er du premier protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, a exactement retenu que l’ exercice de ce droit ne permettait pas au cédant de solliciter la rétrocession du terrain sur le fondement de l’article L. 12-6 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


 Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Mas, conseiller doyen rapporteur

Avocat général : M. Bruntz

Avocat(s) : SCP Monod, Colin et Stoclet ; SCP Boré et Salve de Bruneton