Arrêt n° 749 du 4 juin 2014 (13-17.854) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2014:C300749

Bail rural

Rejet


Demandeur(s) : les époux X...

Défendeur(s) : M. Albert Z...


Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

 

 Attendu selon l’arrêt attaqué (Douai, 7 mars 2013), que M. et Mme X… sont propriétaires de parcelles données à bail à M. Laurent Z… puis, à la suite de son décès, par application de l’article L. 411-34 du code rural, à M. Albert Z… ; que les bailleurs ont délivré au preneur un congé en raison de son âge ; que M. Albert Z… a assigné les bailleurs en annulation du congé et autorisation de cession du bail au profit de son fils William Z… ;

 

 Attendu que M. et Mme X… font grief à l’arrêt d’autoriser M. Albert Z… à céder le bail à son fils William Z… alors, selon le moyen, que la continuation du bail au profit des ayants droit du preneur décédé visés par l’article L. 411-34 du code rural et de la pêche maritime est de plein droit, à la différence de la cession judiciaire du bail rural prévue par l’article L. 411-35 du même code, qui ne peut être autorisée qu’au profit du preneur de bonne foi ; qu’une telle transmission du bail à cause de mort a pour conséquence d’apprécier la bonne foi du preneur en cas de cession du bail ainsi transmis, tant à l’égard du preneur initial décédé qu’à l’égard de l’ayant-droit qui a assuré la poursuite du bail et qui sollicite sa cession ; qu’en relevant que les époux X…, qui s’opposaient à la cession du bail litigieux en arguant de différentes fautes commises par les preneurs successifs, Laurent Z… puis son père M. Albert Z…, n’avaient pas la possibilité de s’opposer au transfert du bail au profit de l’ascendant du preneur décédé dès lors qu’étaient réunies les conditions posées par l’article L. 411-34 du code rural, qui ne font nullement référence à la bonne foi du preneur décédé ou aux manquements à ses obligations, pour en conclure néanmoins que la cession du bail ne pouvait être refusée par les bailleurs pour des faits commis antérieurement au transfert, à moins que leurs conséquences n’aient perduré ensuite, la cour d’appel n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations et violé ce faisant les articles L. 411-34 et L. 411-35 du code rural et de la pêche maritime, ensemble les articles 1742 et 1122 du code civil ;

 

 Mais attendu qu’ayant exactement retenu que la cession du bail ne peut être refusée pour des faits commis antérieurement au transfert du bail résultant de l’article L. 411-34 du code rural et de la pêche maritime, à moins que leurs conséquences n’aient perduré ensuite, la cour d’appel en a déduit à bon droit que seuls devaient être examinés les manquements aux obligations du bail imputables à M. Albert Z… ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 Et attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer sur le moyen unique pris en ses deuxième, troisième, quatrième et cinquième branches qui ne serait pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


 Président : M. Terrier

Rapporteur : Mme Pic, conseiller référendaire

Avocat général : M. Bailly, avocat général référendaire

Avocat(s) : SCP Garreau, Bauer-Violas et Feschotte-Desbois ; SCP Potier de La Varde et Buk-Lament