Arrêt n° 1111 du 9 octobre 2013 (12-23.379) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2013:C301111

Construction immobilière

Cassation


Demandeur(s) : la société AOA

Défendeur(s) : la société Saint-Marcel Provence, société civile immobilière


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Grenoble, 7 mai 2012), que, par contrat du 24 novembre 2006, la société civile immobilière Saint-Marcel Provence (la SCI) a confié à la société AOA une mission de maîtrise d’oeuvre pour la construction d’un immeuble ; que la SCI ayant résilié unilatéralement le contrat de maîtrise d’oeuvre, la société AOA l’a assignée en paiement d’honoraires et indemnisation de ses préjudices ; 

 

 Sur le premier moyen : 

 

 Vu l’article 1134 du code civil ; 

 

 Attendu que pour débouter la société AOA de ses demandes, l’arrêt retient que, par application des articles 1134 et 1184 du code civil, la SCI avait soit le choix de la résiliation unilatérale prévue contractuellement à l’article 8, soit le choix de solliciter une résiliation judiciaire, soit le choix de l’anticipation de la résolution judiciaire à ses risques et périls sous réserve de la démonstration de manquements contractuels graves et que la SCI démontrant la réalité des manquements contractuels graves commis par la société AOA est fondée à résilier unilatéralement le contrat aux torts du maître d’oeuvre et à s’affranchir des conditions contractuelles permettant la rémunération de l’architecte à hauteur de 90 % de ses honoraires ; 

 

 Qu’en statuant ainsi, alors que le contrat comportait un article 8 stipulant que si le maître d’ouvrage décide de mettre fin à la mission du maître d’oeuvre parce que ce dernier se montre incapable de remplir ses obligations contractuelles, le contrat est résilié sans indemnité et la fraction de la mission déjà accomplie est alors rémunérée avec un abattement de 10 %, la cour d’appel a violé le texte susvisé ; 

 

 PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le second moyen : 

 

 CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 7 mai 2012, entre les parties, par la cour d’appel de Grenoble ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Grenoble, autrement composée ; 

 


Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Pronier, conseiller

Avocat général : Mme Guilguet-Pauthe

Avocat(s) : SCP Gaschignard ; SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin