Arrêt n° 846 du 10 juillet 2013 (10-25.979) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2013:C300846

Bail rural

Rejet


Demandeur(s) : les époux X...

Défendeur(s) : les consorts Z..., et autres


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Riom, 2 septembre 2010), que M. et Mme Z… ont donné à bail à M. et Mme X… divers biens agricoles ; qu’ayant consenti le 10 janvier 2000 à un tiers une promesse de vente sur ces biens, M. et Mme Z… ont notifié les modalités de la vente projetée à M. et Mme X… qui ont exercé leur droit de préemption ; que ceux-ci ayant été définitivement déclarés forclos le 14 juin 2005, M. et Mme Z… ont réitéré la vente en la forme authentique le 31 mai 2008 ; que M. et Mme X… ont assigné leurs bailleurs en nullité de cette vente au motif que la procédure de notification n’avait pas été renouvelée ;

 

 Attendu que M. et Mme X… font grief à l’arrêt de rejeter cette demande, alors, selon le moyen, que lorsqu’un an après l’envoi de la dernière notification, la vente n’étant pas réalisée, le propriétaire persiste dans son intention de vendre, il est tenu de renouveler la procédure prévue à l’article L. 412-8 du code rural ; qu’en l’espèce, pour décider que la vente promise à M. B… par les consorts Z… n’avait pas à faire l’objet d’une nouvelle notification au preneur, la cour d’appel s’est bornée à relever que l’acte notarié du 31 mai 2008 ne constituait pas une nouvelle vente, distincte de la promesse du 10 janvier 2000 notifiée une première fois aux époux X… ; qu’en statuant ainsi, elle a violé l’article L. 412-9 du code rural ;

 

 Mais attendu qu’ayant relevé que la promesse synallagmatique de vente du 10 janvier 2000 comportait une condition suspensive relative à la purge du droit de préemption, laquelle avait été réalisée par les décisions judiciaires consacrant la forclusion du droit du preneur, et qu’ainsi la vente était devenue parfaite, la cour d’appel en a exactement déduit que l’acte notarié du 31 mai 2008 ne constituait pas une nouvelle vente nécessitant une nouvelle notification au preneur ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;


 Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Echappé, conseiller

Avocat(s) : SCP Rocheteau et Uzan-Sarano ; SCP Peignot, Garreau et Bauer-Violas