Arrêt n° 1041 du 26 septembre 2012 (11-19.117) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2012:C301041

Assurance (règles générales)

Cassation partielle


Demandeur(s) : le syndicat des copropriétaires immeubles ..., situé à Nantes, représenté par la société par actions simplifiée Patrick X..., syndic

Défendeur(s) : la société AXA France IARD, et autres


Donne acte au syndicat des copropriétaires de l’immeuble …, situé à Nantes (syndicat) du désistement de son pourvoi en ce qu’il est dirigé contre la société MGE, les époux Y…, la société Mentor ingenierie, la SMABTP, la société Novabat, la MAF, la société Alvaro et Diogo, les consorts Z…, la société civile professionnelle Mauras-Jouin, ès qualités de mandataire liquidateur à la liquidation judiciaire de la société Laurent Volclair et la société MAAF ;

 

 Sur le premier moyen :

 

 Vu l’article L. 113-1 du code des assurances ;

 

 Attendu que les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police ;

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Rennes, 24 mars 2011), que Mme C…, aux droits de laquelle se trouvent les consorts Z…, était propriétaire d’un immeuble dont le rez-de-chaussée était exploité comme débit de boissons et les étages comme hôtel ; que, par acte du 30 juin 2001, Mme C… a donné à bail commercial les locaux à usage de débit de boissons à la société MGE, les locaux étant exploités par les époux Y… ; que, par acte du 30 avril 2004, Mme C… a vendu à la société Laurent Volclair les 1er, 2e, 3e et 4e étages de l’immeuble en conservant la propriété du rez-de-chaussée ; que l’immeuble a été placé sous le régime de la copropriété ; qu’un état parasitaire de l’immeuble a été réalisé par la société Mentor ingénierie, assurée auprès de la société SMABTP et qu’un état apparent des structures a été confié à la société Novabat, assurée auprès de la MAF ; que la société Laurent Volclair a entrepris de faire réaliser des travaux de rénovation ; qu’une mission de maîtrise d’oeuvre incluant la conception et la rédaction des CCTP a été confiée à la société Novabat, le maître de l’ouvrage se réservant la maîtrise d’oeuvre d’exécution ; que les travaux de maçonnerie et gros oeuvre ont été confiés à la société Alvoro et Diogo, assurée auprès de la société MAAF ; qu’une rupture du plancher du 3e étage a entraîné l’effondrement des étages situés en-dessous et la destruction du commerce ; que la société MGE et les époux Y… ont assigné leur bailleur, le syndicat et son assureur, la société Laurent Volclair, la société Novabat, la société Alvoro et Diogo et la société MAAF en indemnisation de leurs préjudices ; que le syndicat a formé des appels en garantie ;

 

 Attendu que pour mettre hors de cause la société AXA France l’arrêt retient que le syndicat a souscrit auprès de cette société un contrat multirisque immeubles garantissant sa responsabilité en qualité de propriétaire, que dans les conditions générales figurait une exclusion selon laquelle "Aux termes de l’article 1964 du code civil, le contrat d’assurances garantit un risque aléatoire et par conséquent la survenance d’un des risques assurés dépend par nature d’un événement incertain. Ainsi, n’entre ni dans l’objet ni dans la nature du contrat l’assurance des dommages ou responsabilités ayant pour origine un défaut d’entretien ou de réparation incombant à l’assuré, caractérisé, et connu de lui”, qu’en l’espèce, il a été rappelé que le syndicat avait connaissance de l’audit technique décrivant des désordres inquiétants qui auraient dû le conduire à s’inquiéter des mesures conservatoires devant immédiatement être mises en oeuvre, que l’entretien d’un immeuble comprend les mesures conservatoires nécessaires à sa pérennité, que le sinistre trouve par ailleurs son origine dans l’absence de mise en oeuvre de ces mesures et que, dès lors, il n’est pas garanti par le contrat d’assurances ;

 

 Qu’en statuant ainsi, alors que la clause excluant la garantie de l’assureur de la copropriété en cas de défaut d’entretien ou de réparation caractérisé et connu de l’assuré ne se référant pas à des critères précis et à des hypothèses limitativement énumérées n’était pas formelle et limitée et ne pouvait ainsi recevoir application en raison de son imprécision, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 

 Et attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer sur le second moyen qui ne serait pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il a mis hors de cause la société AXA France, l’arrêt rendu le 24 mars 2011, entre les parties, par la cour d’appel de Rennes ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Angers ;

 


Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Pronier, conseiller

Avocat général : Mme Guilguet-Pauthe

Avocat(s) : SCP Gaschignard ; Me Blondel