Arrêt n° 502 du 9 mai 2012 (11-14.943) - Cour de cassation - Troisième chambre civile

Construction immobilière

Cassation


Demandeur(s) : la société Compagnie européenne de garanties et cautions, société anonyme

Défendeur(s) : les époux X...


Sur le moyen unique :

 

 Vu l’article L. 231-6 du code de la construction et de l’habitation ;

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 12 novembre 2010), statuant sur renvoi après cassation (3e Civ., 22 mai 2007, n° 06-11.005), que, par contrat du 2 juin 1993, les époux X… ont confié la construction d’une maison d’habitation à l’entreprise Smirani ; que, par acte du 5 juillet 1993, la société Compagnie européenne de garantie immobilière (CEGI), aux droits de laquelle se trouve la société Compagnie européenne de garantie et cautions (CEGC), a consenti une garantie de livraison ; que le chantier a été interrompu à la suite d’une mise en demeure notifiée par arrêté municipal pour un non respect du permis de construire ; qu’après avoir obtenu un arrêté de levée de l’interruption des travaux, les époux X… ont mis en demeure la société CEGI d’achever la construction ; que la réception avec réserves est intervenue le 24 avril 1998 ; que la société CEGI a assigné les époux X… en paiement du solde du prix et de la franchise après compensation avec les pénalités de retard ; que les époux X… ont reconventionnellement sollicité le paiement d’une somme correspondant à l’évaluation du coût des travaux nécessaires pour mettre la maison en conformité avec les prestations contractuelles initiales ;

 

 Attendu que pour condamner la société CEGI au paiement du coût des travaux nécessaires pour mettre la maison en conformité avec les prestations contractuelles initiales, l’arrêt retient qu’à aucun moment la CEGI n’a contesté le principe ni la nature des réserves formulées dans le procès-verbal de réception ;

 

 Qu’en statuant ainsi, sans rechercher, comme il le lui était demandé, si ces réserves correspondaient à des prestations prévues au contrat de construction du 2 juin 1993, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 12 novembre 2010, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée ;

 


Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Pronier, conseiller

Avocat général : M. Petit

Avocat(s) : SCP Rocheteau et Uzan-Sarano ; SCP Boulloche