Arrêt n° 788 du 20 juin 2012 (11-14.969) - Cour de cassation - Troisième chambre civile

Assurance dommages

Rejet


Demandeur(s) : les époux X...

Défendeur(s) : la société Allianz IARD, société anonyme, et autre


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 11 février 2011), que les époux X… ont acquis de la société Bouygues immobilier (Bouygues) une maison en état futur d’achèvement, mitoyenne de celle acquise par M. Z… ; qu’une assurance dommages-ouvrage a été souscrite auprès de la société Assurances générales de France, aux droits de laquelle vient la société Allianz qui assurait la société Bouygues en responsabilité décennale ; que se plaignant de nuisances phoniques provenant de la maison voisine, les époux X… et M. Z… ont fait une déclaration de sinistre ; que les époux X…, contestant les propositions indemnitaires formées par l’assureur dommages-ouvrage ont, après expertise, assigné la société Allianz en ses qualités d’assureur dommages-ouvrage et garantie décennale et la société Bouygues, en réalisation de travaux et indemnisation de leurs préjudices matériels et immatériels les 6 et 12 février 2008 ;

 

 Sur le premier moyen :

 

 Attendu que les époux X… font grief à l’arrêt de dire irrecevables leurs demandes à l’encontre de la compagnie AGF, devenue Allianz, en qualité d’assureur dommages-ouvrage, alors, selon le moyen, que tout jugement doit être motivé ; que le défaut de réponse à conclusions équivaut au défaut de motifs ; qu’ils avaient soutenu avoir déclaré une première fois leur sinistre par lettre RAR du 24 avril 2003 à laquelle la société AGF n’avait répondu que le 5 août 2003, tout en faisant une offre d’indemnisation le 15 mars 2005, si bien que le délai de soixante jours prévu par l’article L. 242-1 du code des assurances n’ayant pas été respecté l’assureur se trouvait déchu de son droit à invoquer la prescription biennale ; qu’en ne répondant pas à ce moyen, la cour d’appel a privé sa décision de motif et violé l’article 455 du code de procédure civile ;

 

 Mais attendu que l’action du maître de l’ouvrage contre l’assureur dommages-ouvrage qui n’a pas répondu à une déclaration de sinistre dans le délai de soixante jours de l’article L. 242-1 du code des assurances étant soumis à la prescription biennale de l’article L. 114-1 du même code dont le délai commence à courir à l’issue du délai précité, la cour d’appel, qui a constaté que ceux-ci avaient assigné la société Allianz plus de deux ans après l’expiration de ce délai, n’était pas tenue de répondre à un moyen inopérant tiré de l’absence de réponse de l’assureur à cette première déclaration de sinistre ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 Sur le deuxième moyen, ci-après annexé :

 

 Attendu qu’ayant relevé, par motifs propres et adoptés, que les nuisances sonores constatées dans la maison des époux X… provenaient de la maison voisine et avaient été provoquées par une insuffisance de l’isolation phonique entre les deux maisons contiguës et que les travaux réalisés dans la maison voisine avaient mis fin aux désordres, la cour d’appel a pu retenir que les époux X… n’étaient pas fondés à invoquer une non conformité contractuelle du fait d’une absence d’isolement acoustique réglementaire ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 Sur les troisième et quatrième moyens, réunis, ci-après annexé :

 

 Attendu qu’ayant relevé que les sondages destructifs avaient été réalisés au cours d’une expertise inutile et souverainement retenu que les frais de cette expertise devaient être laissés à la charge des époux X…, la cour d’appel a pu en déduire que le coût de remise en état devait être supporté par ceux-ci et que le préjudice d’usage résultant de ces sondages ne pouvait être indemnisé ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Mas, conseiller doyen rapporteur

Avocat général : M. Bailly, avocat général référendaire

Avocat(s) : SCP de Chaisemartin et Courjon ; SCP Piwnica et Molinié