Arrêt n° 1510 du 14 décembre 2011 (10-27.153) - Cour de cassation - Troisième chambre civile

Assurance dommages

Rejet


Demandeur(s) : la société Mutuelle des architectes français (MAF)

Défendeur(s) : la société SCCV Les Terrasses du parc, et autres


Donne acte à la société Mutuelle des architectes français (la MAF) du désistement de son pourvoi en ce qu’il est dirigé contre la société Concept architecture project et M. X…, ès qualités ; 

 

 Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 16 septembre 2010), statuant en matière de référé, que, pour la construction d’un immeuble, la société Les Terrasses du parc, maître d’ouvrage, a souscrit une police dommages-ouvrage auprès de la MAF ; qu’après avoir fait constater l’arrêt du chantier et avoir vainement mis en demeure la société Emab 3000, chargée du lot terrassement et gros œuvre, d’avoir à le reprendre, elle a résilié le marché pour inexécution par l’entrepreneur de ses obligations ; qu’après l’organisation d’une mesure d’instruction, elle a assigné la MAF en référé afin de se voir allouer une provision ;

 

 Attendu que la MAF fait grief à l’arrêt de la condamner à payer à la société Les Terrasses du parc une provision correspondant au coût des travaux de réparation des désordres, alors, selon le moyen :

 

 1° / que l’assurance dommages-ouvrage a exclusivement pour objet la prise en charge du coût de réparation de désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; qu’en l’espèce, dans ses conclusions d’appel, la MAF a soutenu que la présomption concernait des désordres ayant un caractère décennal et revêtant un caractère clandestin lors de la réception, que l’ouvrage pour lequel sa garantie était demandée n’était pas susceptible d’être réceptionné et que la demande du maître d’ouvrage se heurtait à l’existence de contestations sérieuses ; qu’en la condamnant à payer au maître d’ouvrage une provision de 97 740,51 euros, sans répondre à ce moyen, la cour d’appel a violé l’article 455 du code de procédure civile ;

 

 2°/ qu’en exécution d’une police dommages-ouvrage, soumise au principe indemnitaire, l’assureur ne peut payer au maître d’ouvrage une somme supérieure à celle que ce dernier a réglée pour la construction de l’ouvrage ; qu’en l’espèce, il est constant que la société Emab 3000 a émis des situations pour un montant total de 99 765,58 euros, mais que le maître d’ouvrage a payé simplement la somme de 44 969,60 euros ; qu’en condamnant la MAF, assureur dommages-ouvrage, à payer au maître d’ouvrage la somme de 97 740,51 euros, la cour d’appel a violé les articles L. 121-1, L. 242-1 et L. 243-8 du code des assurances, ainsi que l’annexe II à l’article A. 243-1 dudit code ;

 

 Mais attendu qu’ayant relevé, répondant aux conclusions, que les garanties s’appliquaient avant la réception de l’ouvrage lorsque, après mise en demeure, le contrat de louage d’ouvrage conclu avec l’entrepreneur était résilié pour inexécution de ses obligations et que les quatre situations émises par l’entrepreneur correspondaient à l’état d’avancement des travaux à la date de l’abandon du chantier et justement retenu que le montant de la garantie était égal au coût des travaux de remise en état des ouvrages dans la limite du coût total prévisionnel de la construction, la cour d’appel en a exactement déduit que l’assureur dommages-ouvrage ne pouvait pas soutenir que la valeur de la chose assurée devait être ramenée au montant des sommes versées ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Terrier

Rapporteur : M. Maunand, conseiller

Avocat général : M. Laurent-Atthalin

Avocat(s) : SCP Boulloche