Arrêt n°732 du 19 septembre 2019 (18-20.359) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C100732

Etranger

Cassation sans renvoi

Sommaire :
L’appel relatif au chef de l’ordonnance constatant l’irrégularité de la procédure préalable à la rétention s’étend au chef disant n’y avoir lieu de statuer sur la requête en contestation de la décision de placement en rétention, de sorte que le premier président qui infirme le premier doit examiner la légalité de cette décision.


Demandeur : M. G... I...

Défendeur : préfet de police et autres ;


Attendu, selon l’ordonnance attaquée rendue par le premier président d’une cour d’appel, et les pièces de la procédure, que, le 19 janvier 2018, M. I..., de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative par décision du préfet ; que le juge des libertés et de la détention, saisi, le 20 janvier, par M. I... d’une contestation de cette décision et, le lendemain, par le préfet, d’une demande de prolongation de la mesure, a joint les deux procédures, constaté l’irrégularité de la procédure préalable à la rétention, dit n’y avoir lieu de statuer sur la requête de M. I... et rejeté la demande de prolongation du préfet de police ;

Attendu que, pour décider le maintien de la rétention, l’ordonnance retient que le délai de mise à disposition de l’intéressé avant la rétention n’est pas excessif et relève qu’aucun autre moyen n’est soutenu en cause d’appel ;

Qu’en statuant ainsi, alors que l’appel relatif au chef de l’ordonnance constatant l’irrégularité de la procédure préalable à la rétention s’étendait au chef disant n’y avoir lieu de statuer sur la requête en contestation de la décision de placement en rétention, qui en dépendait, le premier président, qui n’a pas examiné la légalité de cette décision, a violé le texte susvisé ;

Et vu les articles L. 411-3 du code de l’organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile ;

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’ordonnance rendue le 23 janvier 2018 par le premier président de la cour d’appel de Paris ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Gargoullaud, conseiller référendaire

Avocat général : M. Sassoust
Avocats : SCP Zribi et Texier