Arrêt n°325 du 3 avril 2019 (18-14.179) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C100325

Partage

Cassation partielle

Sommaire :
En matière de crédit affecté, ne peut être privé de sa créance de restitution des fonds prêtés, l’établissement de crédit qui a versé ces fonds au vendeur sur la foi d’une attestation de livraison portant une signature litigieuse, dés lors que, le contrat principal ayant été exécuté, il n’en résulte aucun préjudice pour l’emprunteur.


Demandeur : M. S... P...
Défendeur(s) :
Mme D... X... ; et autres


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que C... X... et W... I... , époux communs en biens, sont respectivement décédés le [...] et le 27 novembre 2010 laissant pour leur succéder leurs quatre enfants, V..., K..., E... et D... ; qu’un jugement du 15 mars 2001 a prononcé l’ouverture des opérations de comptes, liquidation et partage de la succession de C... X... ; que des difficultés étant survenues lors des opérations relatives à la succession de W... I... , le juge a été saisi ; que K... X... , est décédée le [...] laissant pour héritiers M. P... , son époux, et ses trois filles, U... , Q... et F... (les consorts P... ) ; que ces derniers ont assigné leurs cohéritiers en ouverture des opérations de comptes, liquidation et partage de la succession de W... I... ; que les procédures ont été jointes ;

Sur le second moyen du pourvoi principal et le second moyen du pourvoi incident formé par M. V... X... , ainsi que sur le moyen unique du pourvoi incident formé par M. D... X... , ci-après annexés :

Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ces moyens qui ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

Mais sur le premier moyen du pourvoi principal et le premier moyen du pourvoi incident formé par M. V... X... , rédigés en termes identiques, réunis  :

Vu les articles 1373 et 1374 du code de procédure civile ;

Attendu que seules sont irrecevables, sur le fondement de ces textes, les demandes distinctes de celles relatives aux points de désaccord subsistants évoqués dans le procès-verbal de difficultés établi par le notaire chargé du projet liquidatif et dont le juge commis a fait rapport au tribunal ;

Attendu que, pour déclarer irrecevables les demandes de M. P... , à l’exception de celles relatives à la validité des testaments attribués à la défunte, l’arrêt retient que les consorts P... ont assigné M. V... X... , Mme E... J... et M. D... X... pour qu’il soit procédé aux opérations de comptes, liquidation et partage de cette succession, de sorte que les opérations ouvertes par le jugement dont appel n’ont pu donner lieu ni à l’établissement d’un projet d’état liquidatif ni, en cas de désaccord des copartageants, à la rédaction d’un procès-verbal de dires des parties en application de l’article 1373 du code de procédure civile ;

Qu’en statuant ainsi, alors que, saisie d’une demande d’ouverture des opérations successorales, il lui incombait de trancher les difficultés qui lui étaient soumises avant de renvoyer les parties devant le notaire, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il déclare irrecevables les demandes portant sur les opérations de comptes, liquidation et partage de la succession de W... X... , l’arrêt rendu le 13 décembre 2017, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;


Président : Mme Batut
Rapporteur :
M. Reynis
Avocat(s) : SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret-SCP Monod, Colin et Stoclet-SCP Waquet, Farge et Hazan