Arrêt n° 433 du 11 AVRIL 2018 (17-17.530) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C100433

Mariage

Cassation

Sommaire :

 Viole l’article 189 du code civil, la cour d’appel qui, saisie d’une action en nullité d’un mariage pour bigamie, rejette la demande de sursis à statuer de l’époux dans l’attente d’une décision à intervenir sur l’action en nullité du précédent mariage, alors que cette demande doit être jugée préalablement.


Demandeur : M. Y...
Défendeur : M. le procureur général près la cour d’appel de Rennes


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que le mariage de M. Y..., de nationalité française, et de Mme Z..., de nationalité malgache, a été célébré le [...] à Tananarive (Madagascar) ; qu’il a été transcrit sur les registres français de l’état civil par le consulat de France à Tananarive le 15 février 2012 ; que, faisant valoir que M. Y... était toujours marié avec Mme A..., qu’il avait épousée le [...] à [...] (Madagascar), le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nantes a assigné M. Y... et Mme Z... en annulation de leur mariage pour bigamie ; que le tribunal a accueilli la demande ; qu’en cause d’appel, M. Y... a produit une assignation aux fins d’annulation de son mariage avec Mme A... et a demandé qu’il soit sursis à statuer dans l’attente de l’issue de cette procédure ;

Attendu que, pour rejeter la demande de sursis à statuer et annuler le mariage pour situation de bigamie, l’arrêt retient que l’issue de la procédure engagée par M. Y... est aléatoire et que l’assignation délivrée à Mme A... a été retournée par l’huissier de justice avec la mention « adresse vague et inconnue » ;

Qu’en statuant ainsi, alors que la demande en nullité du mariage de M. Y... et Mme A... devait être préalablement jugée, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 3 octobre 2016, entre les parties, par la cour d’appel de Rennes ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Caen ;


Président : Mme Batut
Rapporteur :Mme Le Cotty

Avocat général : Mme Caron-Deglise

Avocat(s) :SCP Thouvenin, Coudray et Grévy