Arrêt n° 967 du 13 septembre 2017 (16-22.819) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C100967

Santé publique

Rejet

Sommaire :
Même lors d’une audience relative au maintien en soins sans consentement, un mouvement de grève du barreau constitue un obstacle insurmontable à l’assistance d’un conseil.


Demandeur(s) : M. Daniel X...
Défendeur(s) : le préfet de police, et autres


Sur le moyen unique :

 Attendu, selon l’ordonnance attaquée rendue par le premier président d’une cour d’appel (Paris, 26 octobre 2015), et les pièces de la procédure, que M. X…, placé en soins sans consentement sous la forme d’un programme de soins, a saisi le juge des libertés et de la détention d’une demande de mainlevée de la mesure sur le fondement de l’article L. 3211-12 du code de la santé publique ;

 Attendu que M. X… fait grief à l’ordonnance de rejeter sa demande, alors, selon le moyen :

 1°/ que les délais imposés par la loi faisaient qu’en l’espèce un renvoi était encore possible, l’appel ayant été formé le 19 octobre 2015 et le délai de douze jours prévu aux articles R. 3211-22 du code de la santé publique et 642 du code de procédure civile n’expirait que le lundi 2 novembre au soir, ce qui faisait qu’un renvoi était normalement envisageable ; qu’en jugeant le contraire, le magistrat délégué par Mme la première présidente de la cour d’appel de Paris méconnaît les exigences de la défense, ensemble méconnaît celles de l’article 6, § 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et viole l’article 16 du code de procédure civile ;

 2°/ qu’en ne précisant pas en quoi l’audience publique du 22 octobre 2015 ne pouvait être reportée à une date ultérieure pour que l’appelant puisse être effectivement assisté d’un avocat comme il le souhaitait, le délai s’imposant à la cour d’appel pour statuer expirant le 2 novembre 2015 à 24 heures, le magistrat délégué par le premier président de la cour d’appel de Paris prive son arrêt de base légale au regard des articles R. 3211-22 du code de la santé publique, 642 du code de procédure civile et 6, § 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales

 Mais attendu d’abord, qu’après avoir relevé qu’en raison d’un mouvement de grève du barreau de Paris, aucun avocat n’était présent à l’audience et que, dès lors, la demande de désignation d’un avocat commis d’office n’avait pu être suivie d’effet, le premier président en a justement déduit que cette circonstance constituait un obstacle insurmontable à l’assistance d’un conseil ;

 Attendu, ensuite, qu’il ne résulte ni de l’ordonnance ni des productions que M. X… ait demandé le renvoi de l’affaire du fait de l’absence d’un avocat ;

 D’où il suit que le moyen, inopérant en sa seconde branche, n’est pas fondé pour le surplus ;

 PAR CES MOTIFS :

 REJETTE le pourvoi ;


 Président : Mme Batut

Rapporteur : Mme Gargoullaud, conseiller référendaire

Avocat général : M. Bernard de La Gatinais, premier avocat général

Avocat(s) : SCP Claire Leduc et Solange Vigand ; SCP Garreau, Bauer-Violas et Feschotte-Desbois