Arrêt n° 1014 du 23 septembre 2015 (14-21.279) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C101014

Etranger

Cassation partielle sans renvoi


Demandeur(s) : le préfet de la Moselle

Défendeur(s) : M. Elvadin X...


Sur le moyen, pris en sa première branche :

 

 Vu les articles L. 552-13 et L. 611-1-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

 

 Attendu qu’il résulte du second de ces textes que, durant la retenue, l’étranger ne peut être placé dans une pièce occupée simultanément par une ou plusieurs personnes gardées à vue, à peine de nullité, sous réserve des dispositions du premier ; que, selon ce texte, en cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d’inobservation des formalités substantielles, la juridiction qui est saisie d’une demande d’annulation ou relève d’office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée de la mesure de placement en rétention que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter atteinte aux droits de l’étranger ;

 

 Attendu, selon l’ordonnance attaquée, rendue par un premier président, et les pièces de la procédure, que M. X…, de nationalité serbe, a fait l’objet, le 16 mai 2014, d’une procédure de retenue pour vérification du droit de circulation ou de séjour, puis d’un placement en rétention administrative ; qu’un juge des libertés et de la détention a prolongé cette mesure ;

 

 Attendu que, pour mettre fin à la rétention de M. X…, le premier président, après avoir énoncé que la préfecture ne peut établir par aucun moyen que la personne retenue n’a pas été placée en compagnie de personnes gardées à vue, puisque cette mention, qui aurait fait preuve, est manquante sur le procès-verbal de retenue, retient que le défaut d’une telle mention interdit à la juridiction saisie de vérifier le respect des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et que la procédure de retenue et, dans sa suite, de rétention, est irrégulière ;

 

 Qu’en statuant ainsi, alors que le non-respect de la prescription litigieuse, à le supposer établi, ne portait pas, en soi, atteinte aux droits de l’étranger, le premier président a, par fausse application, violé les textes susvisés ;

 

 Et vu les articles L. 411-3 du code de l’organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile ;

 

 Attendu que les délais légaux de maintien en rétention étant expirés, il ne reste rien à juger ;

 PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur l’autre grief :

 

 CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu’il a déclaré l’appel recevable, l’ordonnance rendue le 22 mai 2014, entre les parties, par le premier président de la cour d’appel de Metz ;

 

 DIT n’y avoir lieu à renvoi ;

 


 Président : Mme Batut

Rapporteur : Mme Gargoullaud, conseiller référendaire

Avocat(s) : SCP Odent et Poulet