Arrêt n° 384 du 9 avril 2015 (14-13.501) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C100384

Agent immobilier

Cassation


Demandeur(s) : la société La Grande Lande, société par actions simplifiée

Défendeur(s) : M. Patrice X..., et autres


Sur le premier moyen :

 

 Vu les articles 6 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 et 73 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, dans leur rédaction applicable en la cause ;

 

 Attendu qu’aucune disposition de ces textes ne fait obstacle à ce qu’un agent immobilier détienne un mandat d’un vendeur et un mandat d’un acquéreur pour une même opération ; qu’il en résulte que le droit à commission existe pour chacun des mandats dès lors que sont satisfaites les exigences prescrites par les articles 6 de la loi et 73 du décret ;

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué, que, suivant acte du 6 avril 2007, M. X… a confié à la société Espace Landes immobilier, devenue La Grande Lande (l’agent immobilier), un mandat de vendre sa maison moyennant un prix net vendeur de 310 000 euros et une rémunération de 20 000 euros à sa charge ; que, le 5 juillet 2007, les époux Villenave ont donné à cet agent immobilier un mandat de recherche portant sur le même bien et prévoyant une rémunération de 10 000 euros à leur charge, et ont conclu, le même jour, une promesse de vente de l’immeuble au prix de 270 000 euros, assortie d’une rémunération du mandataire de 20 000 euros à leur charge ; que, le 28 août 2007, M. X… a renoncé à la vente ; que, le 8 août 2008, une nouvelle promesse de vente a été signée entre M. X… et les époux Y… pour un montant de 280 000 euros et que le bien a été définitivement acquis par ces derniers ; que l’agent immobilier a assigné les acquéreurs et le vendeur en paiement de dommages-intérêts ;

 

 Attendu que, pour rejeter cette demande, l’arrêt retient qu’il résulte de l’article 73 du décret du 20 juillet 1972 que l’agent immobilier qui reçoit le mandat prévu à l’article 72 ne peut demander ni recevoir directement ou indirectement d’autre rémunération ou commission à l’occasion d’une opération spécifiée à l’article 1er de la loi du 2 janvier 1970 de sorte que l’agent immobilier ne peut percevoir à la fois une rémunération du vendeur et de l’acquéreur ;

 

 Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

 

 PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le second moyen :

 

 CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 25 juillet 2013, entre les parties, par la cour d’appel de Pau ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Bordeaux ;

 


Président : Mme Batut

Rapporteur : Mme Kamara, conseiller

Avocat général : M. Sudre

Avocat(s) : SCP Boré et Salve de Bruneton ; Me Balat ; SCP Barthélemy, Matuchansky, Vexliard et Poupot