Arrêt n° 100 du 23 janvier 2020 (18-25.532 ; 18-25.572) - Cour de cassation – Deuxième chambre civile – ECLI:FR:CCASS:2020:C200100

Sécurité sociale, assurances sociales

Sommaire :
Il résulte des articles L. 351-1-1 et D. 351-1-1 du code de la sécurité sociale que l’âge de 62 ans prévu par les articles L. 351-1, alinéa 1, et R. 351-2 du même code, est abaissé pour les assurés qui ont commencé leur activité dans les conditions prévues par l’article D. 351-1-3 et qui ont accompli une durée totale d’assurance ou de périodes reconnues équivalentes, dans le régime général et, le cas échéant, un ou plusieurs autres régimes de base obligatoires, au moins équivalente à la durée d’assurance indiquée et précisée par les articles D. 351-1-2 et D. 351-1-3 du même code.

La durée d’assurance cotisée au régime des pensions civiles et militaires de retraite de l’Etat devant être prise en compte pour l’application de ces dispositions correspond à la durée d’assurance au sens des articles L. 5 et L. 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite.


Demandeur(s) : M. J... K...

Défendeur(s) : caisse d’assurance retraite et de la santé au travail du Languedoc-Roussillon ; et autre


Joint les pourvois n° T 18-25.572 et Z 18-25.532 ;

Sur le moyen unique, pris en sa troisième branche :

Vu les articles L. 351-1-1 et D. 351-1-1 du code de la sécurité sociale, et les articles L. 5 et L. 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite ;

Attendu, selon les deux premiers de ces textes, que l’âge de 62 ans prévu par les articles L. 351-1, alinéa 1, et R. 351-2 du code de la sécurité sociale, est abaissé pour les assurés qui ont commencé leur activité dans les conditions prévues par l’article D. 351-1-3 de ce code et qui ont accompli une durée totale d’assurance ou de périodes reconnues équivalentes, dans le régime général et, le cas échéant, un ou plusieurs autres régimes de base obligatoires, au moins équivalente à la durée d’assurance indiquée et précisée par les articles D. 351-1-2 du même code et D. 351-1-3 susmentionné ; que la durée d’assurance cotisée au régime des pensions civiles et militaires de retraite de l’Etat devant être prise en compte pour l’application de ces dispositions correspond à la durée d’assurance au sens des troisième et quatrième de ces textes ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que M. K... (l’assuré), né en 1956, qui a été affilié au régime général de 1974 à 1989, puis au régime des pensions civiles et militaires de retraite de l’Etat à compter du 1er janvier 1989, a sollicité, dans le cadre du régime général, l’attribution d’une retraite anticipée pour carrière longue avec effet au 1er juillet 2016 ; que la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail du Languedoc Roussillon (la caisse) ayant rejeté sa demande, l’assuré a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

Attendu que pour rejeter ce dernier, l’arrêt retient que les services de la fonction publique ont validé, pour la période comprise entre le 1er janvier 1989 et le 1er janvier 2016, cent huit trimestres au titre de la durée d’assurance, desquels devaient être déduits les trimestres non assimilés à des trimestres cotisés, soit un total de dix-huit trimestres, de telle sorte que le nombre de trimestres cotisés pour cette période s’élevait à quatre-vingt dix (108-18), auxquels doivent s’ajouter cinq trimestres pour reliquat de services effectifs, soit un total de quatre-vingt quinze trimestres ; que la durée totale de trimestres cotisés par l’assuré s’élève à cent cinquante-cinq trimestres (quatre-vingt dix trimestres au titre du régime de la fonction publique, cinq trimestres pour le reliquat de services effectifs, soixante-sept trimestres au titre du régime général, desquels il convient de déduire sept trimestres en application du principe selon lequel seuls quatre trimestres cotisés peuvent être pris en compte pour une seule année civile pour les années 1989 et 1990) ; que l’assuré fait manifestement une confusion entre la durée totale d’assurance et le nombre de trimestres cotisés validés qui seuls doivent être pris en compte pour calculer le nombre de trimestres ouvrant droit à la retraite ;

Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 16 octobre 2018, entre les parties, par la cour d’appel de Nîmes ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Montpellier ;


Président : M. Pireyre
Rapporteur : Mme Vigneras, conseiller référendaire

Avocat général : Mme Ceccaldi
Avocat(s) :
SCP Colin-Stoclet