Arrêt n°200 du 14 février 2019 (18-11.100) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C200200

Cassation

Demandeur(s) : l’union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF) d’Ile-de-France
Défendeur(s) : société Nouvelle d’installations électriques, société par actions simplifiée ; et autre


Donne acte à l’URSSAF d’Ile-de-France du désistement de son pourvoi en ce qu’il est dirigé contre le ministre chargé de la sécurité sociale ;

Sur le moyen unique, pris en sa troisième branche :

Vu l’article L. 242-1, alinéa 6, du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable à la date d’exigibilité des cotisations litigieuses ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, qu’à la suite d’un contrôle portant sur la période du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2009, l’URSSAF de Seine-et-Marne, aux droits de laquelle vient l’URSSAF d’Ile-de-France (l’URSSAF), a adressé à la société Nouvelle d’installations électriques (la société), le 27 juillet 2011, une lettre d’observations mentionnant plusieurs chefs de redressement, suivie, le 4 novembre 2011, d’une mise en demeure ; que contestant la réintégration dans l’assiette des cotisations sociales, de la contribution patronale au financement de la couverture frais et santé souscrite auprès de la SMABTP pour le personnel ETAM, employés et ouvriers, la société a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

Attendu que pour accueillir ce recours, l’arrêt retient essentiellement que le décret du 9 mai 2005 et la circulaire du 30 janvier 2009 qu’invoque l’URSSAF précisent que le caractère collectif du régime implique que la contribution de l’employeur soit fixée à un taux ou à un montant selon les mêmes modalités à l’égard de tous les salariés appartenant à une catégorie objective de personnel ; que cependant, tout comme la convention collective du 28 juin 1993, aucun plafond n’est fixé pour le nombre de catégories à définir ; qu’or suivant l’accord collectif négocié, la société ne distingue pas seulement entre les cadres et les non cadres, mais entre les cadres, les ouvriers chantiers et les ouvriers ateliers de préfabrication regroupés sous l’intitulé "ouvriers travaillant à la tâche", les employés du siège hors ateliers de préfabrication et hors chauffeurs sous celui de "autres salariés" pris comme constituant trois catégories distinctes, et que dans chacune de ces catégories, le taux de participation de l’employeur est bien unique ; que le critère des heures de travail figurant sur les bulletins de paie est inopérant en la matière, les ouvriers à la tâche étant précisément rémunérés au rendement et non en fonction d’heures travaillées ; qu’enfin, si la convention collective prévoit que la rémunération au rendement ne peut avoir pour effet de priver les ouvriers des dispositions conventionnelles notamment en matière d’hygiène, de sécurité et de médecine du travail, elle n’est en rien contredite par la pratique adoptée par la société qui assure tant aux ouvriers travaillant à la tâche qu’aux autres ouvriers, une protection complémentaire ; qu’il ne saurait donc y avoir "privation" au sens précité, même si le taux varie entre les deux ;

Qu’en statuant ainsi, alors que les modalités de la rémunération des salariés d’une entreprise ne constituent pas un critère objectif de nature à fonder des catégories distinctes au sens du texte susvisé, la cour d’appel a violé ce dernier ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 16 novembre 2017, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Vieillard
Avocat général : M. Gaillardot, premier avocat général
Avocat(s) :
SCP Gatineau et Fattaccini - SCP Bouzidi et Bouhanna