Arrêt n°1211 du 27 septembre 2018 (17-20.679) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C201211

Cassation

Rejet

Sommaire :
Il résulte de l’article 979-1 du code de procédure civile que le demandeur au pourvoi doit joindre à son mémoire ampliatif les pièces invoquées à l’appui de son pourvoi.

Est par conséquent irrecevable le moyen de cassation se prévalant d’une demande d’aide juridictionnelle, sans que le mémoire ampliatif n’offre de prouver l’existence de cette demande.


Demandeur(s) : M. Pierre X...
Défendeur(s) : Société Almaro


Sur le moyen unique  :

Attendu, selon le jugement attaqué, rendu en dernier ressort (juridiction de proximité des Sables-d’Olonne, 24 juin 2016), que la société Almaro, exploitant un camping, a sollicité la condamnation de M. X... au paiement d’une certaine somme au titre de l’occupation d’un emplacement de ce camping, consécutive à la résiliation judiciaire du contrat de bail verbal qui avait été consenti à M. X... ;

Attendu que M. X... fait grief au jugement, après refus du renvoi sollicité, de le condamner à payer à la société Almaro la somme de 1 870 euros avec intérêts au taux légal à compter du prononcé de la décision, alors, selon le moyen :

1°/ que le juge ne peut statuer dès lors qu’une partie a formé une demande d’aide juridictionnelle avant l’audience ; qu’en refusant le renvoi sollicité par M. X... et en statuant au fond bien qu’il ait constaté que ce dernier l’avait avisé, par courrier du 7 mai 2016, qu’il venait de déposer une demande d’aide juridictionnelle, le juge de proximité a violé l’article 25 de la loi du 10 juillet 1991, ensemble l’article 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales  ;

2°/ que la demande d’aide juridictionnelle peut être formée utilement jusqu’au jour de l’audience ; qu’en refusant le renvoi sollicité par M. X... et en statuant au fond au motif que celui-ci aurait entrepris ses démarches en vue d’obtenir le bénéfice de l’aide juridictionnelle tardivement (trois semaines après l’assignation délivrée le 18 avril 2016), le juge de proximité a violé l’article 25 de la loi du 10 juillet 1991, ensemble l’article 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales  ;

Mais attendu qu’il résulte de l’article 979-1 du code de procédure civile, que le demandeur au pourvoi doit joindre à son mémoire ampliatif les pièces invoquées à l’appui de son pourvoi ;

Et attendu que le mémoire ampliatif est dénué d’offre de preuve à l’appui du moyen se prévalant d’une demande d’aide juridictionnelle ;

D’où il suit que le moyen n’est pas recevable ;

PAR CES MOTIFS  :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : M. De Leiris, conseiller référendaire
Avocat général : M. Girard
Avocat (s) : SCP Gadiou et Chevallier - SCP Garreau, Bauer-Violas et Feschotte-Desbois