Arrêt n°1459 du 29 novembre 2018 (17-20.278) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C201459

Sécurité sociale

Cassation

Sommaire :
Selon l’article L. 256-4 du code de la sécurité sociale, sauf en ce qui concerne les cotisations et majorations de retard, les créances des caisses nées de l’application de la législation de sécurité sociale peuvent être réduites en cas de précarité de la situation du débiteur par décision motivée de la caisse.
Viole ce texte, le tribunal qui accorde la remise totale de l’indu notifié par l’organisme social, alors que seul ce dernier avait la faculté, en cas de précarité de la situation du débiteur, de remettre ou de réduire le montant de sa créance


Demandeur : Caisse primaire d’assurance maladie de la Seine Saint-Denis
Défendeur : M. A... X...


Sur le moyen unique, pris en sa quatrième branche :

Vu l’article L. 256-4 du code de la sécurité sociale ;

Attendu, selon ce texte, que sauf en ce qui concerne les cotisations et majorations de retard, les créances des caisses nées de l’application de la législation de sécurité sociale peuvent être réduites en cas de précarité de la situation du débiteur par décision motivée de la caisse ;

Attendu selon le jugement attaqué, rendu en dernier ressort, que la caisse primaire d’assurance maladie de la Seine-Saint-Denis (la caisse) lui ayant réclamé, le 8 juin 2016, le remboursement de sommes indûment perçues au titre d’indemnités journalières versées sur la base d’un taux journalier erroné, M. X...  a saisi une juridiction de sécurité sociale en sollicitant soit une remise de dette, soit un échéancier de paiement ;

Attendu que pour accorder à M. X...  la remise totale de la dette, le jugement retient en substance que l’indu résulte d’une erreur de la caisse et que la situation financière et personnelle de l’intéressé constitue un obstacle à la répétition de l’indu ;

Qu’en statuant ainsi, alors que seul l’organisme social avait la faculté de remettre ou de réduire, en cas de précarité de la situation du débiteur, le montant de sa créance, le tribunal a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, le jugement rendu le 30 mars 2017, entre les parties, par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Bobigny ; remet en conséquence la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Créteil ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Palle, conseiller référendaire
Avocat Général : Mme Nicolétis
Avocat (s) : SCP Gatineau et Fattaccini