Arrêt n°1437 du 29 novembre 2018 (17-17.747) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C201437

Sécurité sociale, accident du travail

Cassation partielle sans renvoi

Sommaire :
Il résulte des articles L. 451-1 et L. 452-5 du code de la sécurité sociale, que, sauf si la faute de l’employeur est intentionnelle, le tiers étranger à l’entreprise, qui a indemnisé la victime d’un accident du travail pour tout ou partie de son dommage, n’a pas de recours contre l’employeur de la victime.


Demandeur : Société Léon Noël
Défendeur :
Société Entreprise Roxin


Sur le moyen unique :

Vu les articles L. 451-1 et L. 452-5 du code de la sécurité sociale ;

Attendu qu’il résulte de ces textes que, sauf si la faute de l’employeur est intentionnelle, le tiers étranger à l’entreprise, qui a indemnisé la victime d’un accident du travail pour tout ou partie de son dommage, n’a pas de recours contre l’employeur de la victime ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, qu’ayant été victime, le 26 mai 1999, d’un accident du travail alors qu’il manoeuvrait un engin emprunté à la société Entreprise Roxin (la société), M. Z... , salarié de la société Léon Noël (l’employeur), a engagé une action en reconnaissance de la faute inexcusable contre l’ employeur et une action en responsabilité civile contre la société ; que l’employeur a recherché la garantie de la société ;

Attendu que, pour condamner l’employeur à garantir la société, à hauteur de la moitié de toutes les condamnations prononcées contre elle en principal, intérêts, frais et dépens au profit des époux Z... et/ou de la caisse primaire d’assurance maladie de la Meuse, l’arrêt relève que la spécificité des règles édictées par le code de la sécurité sociale en matière d’accident du travail n’a pas pour objet de permettre à l’employeur d’éluder une partie des conséquences de sa responsabilité dans l’accident de son salarié, notamment en le dispensant d’indemniser certains chefs de préjudices, mais seulement de garantir au salarié victime d’être indemnisé, quelle que soit la solvabilité de son employeur, grâce à la substitution de la sécurité sociale à l’employeur pour le paiement des indemnités ;

Qu’en statuant ainsi, alors qu’il résultait de ses constatations que l’employeur n’avait pas commis une faute intentionnelle, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

Et vu l’article 627 du code de procédure civile, après avis donné aux parties en application de l’article 1015 du même code ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu’il a déclaré l’appel recevable, l’arrêt rendu le 7 mars 2017, entre les parties, par la cour d’appel de Reims ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : M. Decomble
Avocat Général : Mme Nicolétis

Avocat (s) : SCP Gadiou et Chevallier - SCP Ohl et Vexliard