Arrêt n° 666 du 17 mai 2018 (15-17.112) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C200666

Appel civil

Rejet

Sommaire :

Si, aux termes de l’article 914 du code de procédure civile, dans sa rédaction alors applicable, le conseiller de la mise en état a une compétence exclusive pour prononcer l’irrecevabilité des conclusions encourue en application des dispositions des articles 909 et 911 du même code, et si les parties ne sont plus recevables à l’invoquer après le dessaisissement de ce magistrat, à moins que sa cause ne survienne ou ne soit révélée postérieurement, cette restriction ne fait pas obstacle à la faculté pour la cour d’appel de relever d’office cette fin de non-recevoir.

Doit par conséquent être approuvé l’arrêt d’une cour d’appel qui, ayant relevé que l’intimé n’avait pas notifié ses conclusions dans le délai prévu par les articles 909 et 911 susmentionnés, a déclaré d’office irrecevables ces conclusions.


Demandeur : société Les Borel
Défendeur : caisse régionale de Crédit agricole mutuel Nord de France


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Douai, 5 février 2015), que la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Nord de France (la banque) a relevé appel du jugement d’un tribunal de grande instance ayant déclaré irrecevable comme prescrite son action tendant à la condamnation de la SCI Les Borel au titre du remboursement d’un prêt ;

Attendu que la SCI Les Borel fait grief à l’arrêt d’écarter comme tardives les écritures qu’elle a signifiées le 27 novembre 2014 et de la condamner au paiement des sommes de 50 898,08 euros et 73,44 euros en principal outre intérêts, alors, selon le moyen, que le conseiller de la mise en état est, jusqu’à son dessaisissement, seul compétent pour déclarer les conclusions de l’intimé irrecevables en application de l’article 909 du code de procédure civile ; qu’en déclarant, à la demande de la banque, les écritures de la SCI Les Borel irrecevables comme tardives, la cour d’appel, qui a empiété sur les attributions du conseiller de la mise en état, a excédé ses pouvoirs et a violé les articles 909 et 914 du code de procédure civile ;

Mais attendu que si, aux termes de l’article 914 du code de procédure civile, dans sa rédaction alors applicable, le conseiller de la mise en état a une compétence exclusive pour prononcer l’irrecevabilité des conclusions encourue en application des dispositions des articles 909 et 911 du même code, et si les parties ne sont plus recevables à l’invoquer après le dessaisissement de ce magistrat, à moins que sa cause ne survienne ou ne soit révélée postérieurement, cette restriction ne fait pas obstacle à la faculté pour la cour d’appel de relever d’office cette fin de non-recevoir ; qu’ayant relevé que la SCI Les Borel avait tardé dans l’accomplissement de ses diligences, au regard des dispositions de l’article 909, en signifiant ses conclusions le 27 novembre 2014, c’est à bon droit que la cour d’appel a déclaré d’office irrecevables ces conclusions ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : M. de Leiris

Avocat général : M. Girard
Avocat(s)
 : SCP Matuchansky, Poupot et Valdelièvre, SCP Piwnica et Molinié