Arrêt n° 454 du 04 avril 2018 (17-13.987) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2018:C200454

Sécurité sociale ; allocation vieillesse pour personnes non salariées

Rejet

Sommaire :

Si, aux termes de l’article 294,1 du code général des impôts, la taxe sur la valeur ajoutée n’est provisoirement pas applicable dans le département de la Guyane, ces dispositions ne font pas obstacle à la mise en recouvrement, sur la base du chiffre d’affaires global déclaré à l’administration fiscale, calculé hors taxes sur le chiffres d’affaires et taxes assimilées, de la contribution sociale de solidarité des sociétés, laquelle constitue une imposition de toutes natures distincte de la taxe sur la valeur ajoutée.

Justifie légalement sa décision le juge du fond qui retient que la société, en sa qualité de société par actions simplifiées, entre dans la catégorie des personnes morales expressément visées à l’article L. 651-1 du code de la sécurité sociale, et ne se prévaut d’aucune des exonérations énumérées à l’article L. 651-2, lesquelles ne la concernent pas, est assujettie à la contribution sociale de solidarité, sans qu’elle puisse, pour valablement s’y opposer, calquer sur les règles fiscales de la territorialité de la TVA.


Demandeur : société Guyane automobile
Défendeur : RSI


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Cayenne, 28 novembre 2016), que la société Guyane automobile (la société) a demandé à la Caisse nationale du régime social des indépendants - Participations extérieures - le remboursement de sommes versées de 2010 à 2013 au titre de la contribution sociale de solidarité des sociétés ; qu’un refus lui ayant été opposé, elle a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

Attendu qu’ il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur le moyen annexé qui n’est pas de nature à entraîner la cassation ;

Et sur le même moyen, pris en en ses deux autres branches :

Attendu que la société Guyane automobile fait grief à l’arrêt de rejeter son recours, au titre des années 2011 à 2013, alors, selon le moyen :

1°/ que la contribution sociale de solidarité des sociétés ne présente ni le caractère d’une cotisation sociale, ni celui d’une taxe parafiscale, mais constitue une imposition au sens de l’article 34 de la Constitution ; qu’en retenant que la contribution sociale de solidarité des sociétés revêtait, du fait de son affectation exclusive au financement de divers régimes de sécurité sociale, la nature d’une cotisation de sécurité sociale, la cour d’appel a violé les articles L. 651-1, L. 651-3 et L. 651-5 du code de la sécurité sociale, ensemble l’article 34 de la Constitution et le principe de légalité de l’impôt ;

2°/ que l’assiette de la contribution sociale de solidarité des sociétés correspond au chiffre d’affaires déclaré à l’administration fiscale pour le paiement de la TVA, c’est-à-dire aux montants figurant sur les déclarations de chiffre d’affaires CA3 ; que sont dès lors exclues de l’assiette taxable de la contribution sociale de solidarité les opérations situées en dehors du champ d’application de la TVA française ; qu’en retenant que la SAS Guyane automobile ne pouvait prétendre être exonérée du paiement de la contribution sociale de solidarité à laquelle elle était assujettie en raison de sa forme juridique, quand elle constatait que la TVA française n’était pas applicable au chiffre d’affaires réalisé par cette société en Guyane, de sorte qu’elle n’avait jamais procédé à la déclaration de chiffre d’affaires CA3 indispensable à la détermination de l’assiette de ladite contribution, la cour d’appel n’a pas tiré les conséquences légales de ses constatations, en violation des articles L. 651-3 et L. 651-5 du code de la sécurité sociale ;

Mais attendu que si, aux termes de l’article 294,1 du code général des impôts, la taxe sur la valeur ajoutée n’est provisoirement pas applicable dans le département de la Guyane, ces dispositions ne font pas obstacle à la mise en recouvrement, sur la base du chiffre d’affaires global déclaré à l’administration fiscale, calculé hors taxes sur le chiffres d’affaires et taxes assimilées, de la contribution sociale de solidarité des sociétés, laquelle constitue une imposition de toutes natures distincte de la taxe sur la valeur ajoutée ;

Et attendu que l’arrêt retient que la société, en sa qualité de société par actions simplifiées, entre dans la catégorie des personnes morales expressément visées à l’article L. 651-1 du code de la sécurité sociale, et ne se prévaut d’aucune des exonérations énumérées à l’article L. 651-2, lesquelles ne la concernent pas, est assujettie à la contribution sociale de solidarité, sans qu’elle puisse, pour valablement s’y opposer, calquer sur les règles fiscales de la territorialité de la TVA, l’assiette de la contribution sociale de solidarité qui revêt, du fait de son affectation exclusive au financement de divers régimes de sécurité sociale, la nature d’une cotisation de sécurité sociale ;

Que de ces constatations, la cour d’appel a exactement déduit, abstraction faite du motif erroné, mais surabondant critiqué par la deuxième branche du moyen, que la société était tenue au paiement de la contribution sociale de solidarité des sociétés et ne pouvait prétendre au remboursement d’un indu par la Caisse nationale du régime social des indépendants ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Burkel

Avocat général : Mme Nicolétis
Avocat(s) : SCP Delvolvé et Trichet, SCP Gatineau et Fattaccini