Arrêt n° 302 du 9 mars 2017 (16-10.851) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C200302

Cassation


Demandeur(s) : M. Antony X...

Défendeur(s) : la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail Sud-Est, et autre


Sur le moyen relevé d’office, après avis donné aux parties en application de l’article 1015 du code de procédure civile :

 

 Vu l’article 45 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et la convention du 28 février 1952 entre la France et la Principauté de Monaco sur la sécurité sociale, publiée par le décret n° 54-682 du 11 juin 1954 ;

 

 Attendu qu’il résulte du premier de ces textes, tel qu’interprété par la Cour de justice de l’Union européenne (CJCE, 15 janvier 2002, aff. C - 55/00, Gottardo), que les autorités de sécurité sociale compétentes d’un premier Etat membre de l’Union européenne sont tenues de prendre en compte, aux fins de l’acquisition du droit à prestations de vieillesse, les périodes d’assurance accomplies dans un Etat tiers par un ressortissant d’un second Etat membre lorsque, en présence des mêmes conditions de cotisation, lesdites autorités compétentes reconnaissent, à la suite d’une convention internationale bilatérale conclue entre le premier Etat membre et l’Etat tiers, la prise en compte de telles périodes accomplies par leurs propres ressortissants ;

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué et les productions, qu’après avoir exercé une activité professionnelle salariée au Royaume-Uni, en France et à Monaco, M. X…, ressortissant britannique né en 1949, a obtenu de la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail du Sud-Est (la caisse), le bénéfice d’une pension de vieillesse, à effet du 1er décembre 2009, calculée sur la base d’un taux minoré de 32,50 % ; que, contestant le mode de calcul de cette pension qui ne prend pas en compte les trimestres travaillés à Monaco, il a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

 

 Attendu que pour rejeter ce recours, l’arrêt retient que le calcul auquel procède l’appelant, fut-il plus égalitaire et moins discriminant à son égard, ne tient pas compte des spécificités de la réglementation européenne d’une part et de ce que, d’autre part, les droits acquis par lui passent nécessairement par le prisme de la convention franco-monégasque dès lors que la Principauté de Monaco n’est pas membre de la Communauté européenne ; que le tribunal aux termes d’un raisonnement qui n’appelle aucune critique a à bon droit observé, en l’état de la nécessité de conjuguer trois régimes de cotisations relevant de trois pays différents dont seuls deux faisaient partie de la communauté européenne, que la caisse avait procédé au calcul des droits à retraite de M. X… de la manière qui lui soit la plus favorable puisqu’elle lui reconnaissait le bénéfice d’une retraite au taux de 32,50 % qui était au demeurant le meilleur taux admissible au regard de la réglementation applicable et de ses droits acquis en conséquence de celle-ci et qu’il était inéligible au bénéfice d’un taux de 50 % ainsi qu’il le revendique ;

 

 Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

 

 PAR CES MOTIFS  :

 

 CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 1er décembre 2015, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties, dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée ;


 Président : Mme Flise

Rapporteur : Mme Olivier, conseiller

Avocat général : Mme Lapassset, avocat général référendaire

Avocat(s) : SCP Piwnica et Molinié ; SCP Boutet et Hourdeaux


A