Arrêt n° 703 du 18 mai 2017 (16-18.421) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C200703

Rejet



Demandeur(s) : les époux X...

Défendeur(s) : Generali IARD, société anonyme et autres


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 21 mars 2016), que M. X… a été blessé par la chute d’une grume de bois soulevée par un chariot élévateur, loué avec son chauffeur, M. Y…, auprès de la société Delmas La Rochelle, pour lui permettre d’en effectuer le mesurage ; qu’il a assigné, avec son épouse, Mme X…, la société SDV logistique internationale venant aux droits de la société Delmas La Rochelle ainsi que son assureur, la société Generali IARD, en présence du Régime social des indépendants de Poitou Charentes et de la société MAAF santé, en indemnisation de leurs préjudices ;

 Sur le premier moyen :

 Attendu que M. et Mme X… font grief à l’arrêt de dire que l’accident survenu le 11 juillet 2007 n’était pas un accident de la circulation et de rejeter l’intégralité de leurs demandes, alors, selon le moyen :

 1°/ que lorsque le véhicule à l’origine du dommage est utilisé à la fois dans sa fonction de déplacement et dans sa fonction outil, l’accident dans lequel il est impliqué constitue un accident de la circulation au sens de la loi du 5 juillet 1985 ; qu’il résulte des propres constatations des juges du fond que l’accident ne serait pas survenu si le véhicule litigieux n’avait pas transporté la grume jusqu’à M. X… ; qu’en jugeant néanmoins que seule la fonction outil du véhicule était impliquée dans l’accident, la cour d’appel a violé l’article 1er de la loi du 5 juillet 1985 ;

 2°/ que tout accident dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à moteur constitue un accident de la circulation au sens de la loi du 5 juillet 1985 ; qu’est impliqué au sens de la loi tout véhicule terrestre à moteur qui est intervenu, de quelque manière que ce soit, dans la survenance de l’accident ; qu’en l’espèce, l’accident est survenu du fait qu’une grume a chuté du chariot élévateur sur lequel elle était transportée ; qu’en jugeant que l’on ne se trouvait pas, en l’espèce, en présence d’un accident de la circulation, la cour d’appel a violé l’article 1er de la loi du 5 juillet 1985 ;

 Mais attendu qu’ayant exactement énoncé que ne relèvent pas des dispositions de la loi du 5 juillet 1985 les accidents dont les circonstances révèlent que l’engin était immobilisé et était utilisé dans sa fonction d’outil et non dans sa fonction de déplacement, puis constaté que lorsque la grume s’est échappée vers l’avant du chariot, celui-ci était immobilisé de même que la fourche qui se trouvait en position relevée d’environ un mètre pour permettre à M. X… de procéder au mesurage de la circonférence de la grume et que le conducteur du chariot a indiqué n’avoir touché à aucune manette de celui-ci pendant la mesure, la cour d’appel a pu décider que l’accident était exclusivement en lien avec la fonction d’outil de soulèvement de charge du chariot élévateur et aucunement avec sa fonction de circulation et en a exactement déduit qu’il ne pouvait être qualifié d’accident de la circulation ;

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 Sur le second moyen, pris en sa seconde branche :

 Attendu que M. et Mme X… font grief à l’arrêt de rejeter l’intégralité de leurs demandes, alors, selon le moyen, que le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité de l’employeur qui a le pouvoir de donner des ordres, des directives et les horaires, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné ; qu’en jugeant que M. X… serait devenu le commettant de M. Y… par des motifs insuffisants à caractériser l’existence d’un lien de subordination entre les deux hommes, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article 1384, alinéa 5, du code civil ;

 Mais attendu qu’ayant retenu que M. X… demandait à M. Y… de charger une grume, puis de s’arrêter pour le mesurage de la circonférence, puis de repartir pour la déposer en un autre point de stockage, et qu’il lui donnait les ordres nécessaires à l’accomplissement de son travail de mesurage, la cour d’appel a pu retenir que, M. Y… étant soumis aux directives de M. X…, il existait entre eux un rapport de préposition ;

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 Et attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur la première branche du second moyen annexé qui n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

 PAR CES MOTIFS :

 REJETTE le pourvoi ;


 Président : Mme Flise

Rapporteur : Mme Bohnert, conseiller référendaire

Avocat général : M. Lavigne

Avocat(s) : SCP Boré et Salve de Bruneton ; SCP Garreau, Bauer-Violas et Feschotte-Desbois ; SCP Rocheteau et Uzan-Sarano