Arrêt n° 310 du 3 mars 2016 (15-13.500) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2016:C200310

Assurance (règles générales)

Rejet


Demandeur(s) : le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO)

Défendeur(s) : la société Axa France IARD, société anonyme, et autre


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 18 novembre 2014), que M. X… a souscrit, le 27 juillet 2009, un contrat d’assurance auprès de la société Axa France (l’assureur) aux fins de garantir un véhicule ; que les conditions particulières indiquaient comme conductrice principale Mme Y…, compagne de M. X… ; que, le 28 juillet 2009, ce véhicule a été impliqué dans un accident de la circulation ; que l’assureur, après avoir indemnisé la victime de l’accident, a assigné M. X… devant un tribunal de grande instance aux fins de voir prononcer la nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle ; que le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (le FGAO) est intervenu volontairement à l’instance en cause d’appel ;

 

 Attendu que le FGAO fait grief à l’arrêt de prononcer la nullité du contrat d’assurance et de dire que l’arrêt lui est opposable, alors, selon le moyen, que, selon l’article L. 113-2 2° du code des assurances, l’assuré est obligé de répondre exactement aux questions précises posées par l’assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque par lequel celui-ci l’interroge, lors de la conclusion du contrat, sur les circonstances qui sont de nature à lui faire apprécier les risques qu’il prend en charge ; qu’il résulte des articles L. 112-3, alinéa 4, et L. 113-8 du même code, que l’assureur ne peut se prévaloir de la réticence ou de la fausse déclaration intentionnelle de l’assuré que si celles-ci procèdent des réponses qu’il a apportées auxdites questions ; qu’en retenant que M. X… avait reconnu être le conducteur habituel du véhicule à l’origine d’un accident de la circulation survenu le 28 juillet 2009, après avoir déclaré lors de la conclusion du contrat d’assurance de ce véhicule, le 27 juillet 2009 -et non le 27 septembre 2007 comme indiqué par erreur matérielle-, que sa compagne, Mme Y…, était conducteur principal, en raison du fait qu’étant jeune conducteur, il ne pouvait lui-même être déclaré comme tel, pour retenir une fausse déclaration intentionnelle de sa part, quand une telle déclaration ne procédait pas de réponses apportées par M. X… à des questions précises sur cette circonstance, qui auraient été posées par l’assureur au moment de la souscription du contrat pour lui permettre d’apprécier les risques pris en charge, ce qui excluait toute fausse déclaration intentionnelle, la cour d’appel a violé les articles L. 113-2 2°, L. 112-3, alinéa 4, et L. 113-8 du code des assurances ;

 

 Mais attendu qu’après avoir constaté que M. X… reconnaissait l’existence d’une fausse déclaration intentionnelle portant sur la personne du conducteur principal du véhicule lors de la souscription du contrat, de sorte qu’elle n’avait pas à rechercher si cette déclaration spontanée procédait d’une réponse à des questions précises posées par l’assureur, et avoir retenu que cette fausse déclaration avait modifié l’opinion de l’assureur sur le risque, la cour d’appel en a justement déduit que le contrat d’assurance était nul ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise

Rapporteur : Mme Isola, conseiller référendaire

Avocat général : M. Lavigne

Avocat(s) : SCP Delaporte, Briard et Trichet ; SCP Célice, Blancpain, Soltner et Texidor